• C’est pas le tout de faire plein de jolis stages, il faut les valider, et montrer qu’on est intelligente et qu’un jour on saura tenir un service (hum hum) et faire des piqûres.


    Pour ça, on a 2 modes d’évaluation des pratiques. Je pourrais parler des heures de chacun d’entre eux tellement ils me traumatisent, mais je vous en fais grâce, je vais essayer de tout synthétiser en un seul article.


    Premier mode d’évaluation, évidemment, l’incontournable et terrifiante MSP. Mise en Situation Professionnelle, comme ils disent, moi je dirais plutôt Mise en Scène Professionnelle. Le pire c’est que tout le monde en est conscient mais on continue quand même.

    Bref le principe, c’est que pendant une matinée, un formateur de l’IFSI et un cadre ou une infirmière (remarquez l’emploi réfléchi du masculin/féminin) du service te collent au train pendant que tu fais tes soins. Vous allez me dire : « ben oui, mais ça c’est tous les jours, les infirmiers te regardent aussi non ? »

    Eh bien oui messieurs–dames, les infirmiers nous scrutent aussi pendant qu’on fait les soins, mais eux ce sont des yeux bienveillants, que dis-je maternants, pis en plus on a un avantage, c’est que nous aussi on les regarde, on les critique, on les juge !

    Enfin revenons à notre MSP. 2 personnes, ça fait donc 4 yeux lasers qui regardent chacun de tes tremblements mouvements de A à Z. On commence en général par une présentation du service, suivie d’une présentation des patients et des soins qu’on va leur faire avec leur justification. Ensuite le jury choisit ce qu’il veut voir pendant qu’on prie pour éviter de tomber sur la fatale toilette au lit (ne vous moquez pas, essayez, vous, de faire des toilettes au lit à une personne de 80 kg et revenez me voir après !).


    Ensuite en principe, c’est parti pour le show, c’est parti tout le monde est chaud, on avance vers le sacro-saint chariot de soin qu’on décontamine consciencieusement avec la chiffonnette. On a un petit arrêt sur les roues (on décontamine ou pas ??) puis on pose notre matos sur le chariot (en repassant 10 fois le soin dans sa tête pour ne rien oublier, parce que sinon, c’est le drame !) et on va voir le patient.

    Moi je déteste brieffer le patient avant (genre : ne dites rien, ne faites rien, sois belle et tais toi, oui yen a qui le font), mais je prie quand même pour qu’il évite de me poser une question embêtante. Et je commence mon soin, en technaïque:  attention, gare à toi si tu fais tomber une compresse par terre ou si tu oublie de fermer la poubelle AVANT de sortir de la chambre.


    Une fois j’avais pensé faire tomber ma pince, la ramasser et faire semblant de la réutiliser en MSP avant de crier « poisson d’avril !!! » en balançant des confettis sur le jury,  mais à la réflexion je ne suis pas sûre que ça passerait. Ils n’ont pas beaucoup d’humour ces gens là.


    Bref une fois qu’on a tout bien fait nos soins en technaïque, on passe à la 2e partie, non la moins éprouvante, de la MSP : la démarche de soins.

    On fait une démarche de soins par patient (nombre croissant selon l’année, perso j’en suis à 4). On doit expliquer sa vie (qu’il est veuf, que sa fille habite à Trifouillis les Oies dans le Nord-Pas-De-Pyrénées et que donc elle ne peut pas venir le voir, mais que bon, il a du soutient quand même parce que la fille de la nièce de sa cousine vient de temps en temps), l’histoire de son hospitalisation et de sa maladie (c’est en général le moment le plus drôle de la démarche parce qu’il faut se dépêtrer de tous les examens que personne ne comprend et expliquer pourquoi il est dans cet état là à ce moment là), les médocs qu’il prend (on est sensés connaître le Vidal par cœur, et non j’exagère même pas) et leur action et l’évaluation de leur efficacité et des effets secondaires, les diagnostics infirmiers et le devenir de la personne.


    Une fois que t’as fait ça t’es content, mais pas de chance, faut recommencer, parce que t’as tout plein de patients. Et bien sûr pas de feuille de note.

    A l’issue de tout ça, tu es littéralement liquéfié sur ta chaise, mais on te demande quand même de sortir le temps de délibérer, ce que tu fais avec une joie non dissimulée.

     


    2e mode d’évaluation : la feuille d’appréciation de stage.
    Au premier stage, tu te fais piéger et tu te jures de ne plus jamais la donner à une infirmière qui ne te connaît pas.


    Ensuite ben c’est une feuille avec des ptites cases que tu peux cocher pour chaque item, de « insuffisant » à « très bien ». Pour les items, il y en a une trentaine, du genre « prend des initiatives » (je l’adore celui là), « s’inscrit dans un processus d’autoévaluation », « identifie les différents comportements et en évalue les conséquences », « contrôle ses réactions affectives »….

    Donc t’as droit à plein de petites croix, puis une évaluation écrite en fin de page, et une note.

    Mais bon c’est hyper subjectif. J’en ai la preuve écrite : une fois, j’ai eu une croix « TB » dans « réalise les actes de soins avec dextérité », et mon appréciation était « Devrait travailler sa dextérité ». Si quelqu’un a compris, qu’il m’explique.

    Je suis toujours très contente d'avoir des bonnes notes, mais très sincèrement, je ne pense pas qu'une Mise en Scène Professionnelle et une feuille bleue avec des croix reflètent la qualité du professionnel qu'on sera.
    Pour moi, la meilleure évaluation, c'est quand on me demande si je veux venir bosser dans le service après le DE. Là je me dis que j'ai bien travaillé.



    Article connexes: Feuille d'évaluation de stage
    Evaluation clinique

    4 commentaires
  • J’ai toujours été fascinée par l’extraordinaire capacité des infirmiers à toujours tout savoir. N’importe qui leur parle de n’importe quel patient, ils savent et ils répondent ! C’est fou.


    Par exemple, la sœur de la nièce du cousin du patient vient et pose une question, l’infirmier sait qui elle est, ce qu’elle fait comme boulot et peut lui répondre automatiquement sur le nombre de comprimés que prend le patient le soir et à quoi ils servent. Il sait aussi ce que fait le médecin et à quelle heure, quels sont les résultats du bilan sanguin de Mr X ce matin, comment on fait pour le téléphone, qui appeler quand il y a un problème, qui a tel ou tel examen et à quelle heure et plein d’autres choses encore.


    Pourtant, des fois je leur colle aux basques toute la matinée, j’essaye pourtant de ne rien louper, mais quand le patient, la famille ou le médecin me pose une question, une fois sur deux ben… je sais pas. L’infirmier arrive à la rescousse et raconte ce qu’a dit le médecin / quels sont les examens déjà faits et leurs résultats et ceux qu’on va faire prochainement / la moitié de la vie du patient. Pourtant j’étais là tout le temps, comment j’ai pu rater ça ??


    Et puis quand un patient me demande un truc (la blouse, ça doit faire croire que t’es intelligent, c’est ça le problème) et que je sais pas répondre, je vais voir l’infirmier, et ô miracle, lui non plus ne sait pas niark niark niark… Mais il rentre quand même dans la chambre et raconte un truc très plausible qui s’avère souvent vrai au bout du compte. Et zut ! Moi je sais pas. C’est déprimant à force.


    Alors je me dis qu’il va bien falloir un jour que je développe ce merveilleux don d’ubiquité, que je comprenne ce truc en plus qu’ils ont le jour de leur diplôme, je sais pas.


    Mais la plupart des patients sont très rigolos, parce que quand ils ont une question, ils ne la posent surtout pas au médecin. Bah non vous comprenez le pauvre il a l’air très très occupé, faut pas le déranger. Non, c’est à nous qu’ils posent les colles. Et particulièrement aux élèves, elle a l’air sympa elle, pis elle vient à chaque fois que je sonne, je vais lui demander.

    « Et pourquoi mon taux de glycémie de ce matin il est plus élevé qu’hier soir alors que j’ai rien mangé ? »

    « Et pourquoi on me fait un bilan sanguin alors que j’en ai déjà eu un hier ? Et puis d'abord c'est pour quoi?»

    « Et sinon, le docteur a eu les résultats de l’examen de ce matin ? »

    « Et la cyclotrucmachinpyridineflostacyne, ça sert à quoi exactement ? C’est pas ça qui me donne envie de vomir ??? »

    « Et ma carte vitale, vous savez si ils l’ont mise au coffre ? »

    Euuuuuuuuuhhhhh.... * J'ai l'air stupide là *
    Je suis désespérée à chaque fois, j’essaye de répondre calmement que je ne suis qu’une pauvre étudiante et que JE SAIS PAS !!!!!! Mais bon, vu que je suis gentille et que moi aussi je m’y intéresse, je vais demander, l’infirmier il doit le savoir lui puisqu’il sait tout (snif). Souvent ils insistent, des fois que je fasse de la rétention d’information… Mais non…


    Le pire de tout ce sont les familles anxieuses… Toi t’es là depuis 3 jours, et ils arrivent et te demandent si on voit une amélioration chez leur père. Donc en fait je suis sensée savoir de qui la dame devant moi est la fille et tout les tenants et les aboutissants de l’hospitalisation de son père, tout en essayant d’éviter de provoquer un mouvement de panique. OK.. OK… OK…


    Ah et puis c'est pas tout, non seulement ils connaissent toute la vie de leurs patients, de leurs familles, du service, mais en plus ils peuvent t'en raconter de belles sur les différents ragots de l'hôpital.
    Ils savent tout je vous dis! Que les médecins qui trompent leur femme dans les couloirs avec les jeunes internes prennent garde!
    ILS savent...


    2 commentaires
  • Je déteste les vestiaires. Mais je trouve que c’est un lieu assez captivant.

    Déjà, plusieurs possibilités pour les étudiants.


    Tu peux te changer au milieu des solutés, des compresses et des bassins, dans la réserve, en priant pour que personne ne débarque et ne te voie en petite culotte… Tu mets ton sac au dessus des pistolets en priant pour que personne n’aie l’idée de te piquer tes fringues… Bref tu te sens un peu exclue de la société et remisée à la cave.…


    Des fois tu as le droit à une réserve avec des casiers. Même si les AS peuvent toujours rentrer en trombe, soumettant ton soutif au regard des éventuels passants du couloir. Mais au moins, tu as le privilège de mettre tes affaires au chaud pour peu que tu aies la bonne idée d’amener un cadenas.


    Ou alors, luxe absolu, on te met dans le vestiaire collectif ! Oui oui, l’endroit où les vraies infirmières se changent aussi ! Même si tu dois aller pleurer à chaque passant en blanc pour avoir la clé ou le code, tu es comme le commun des mortels youpi ! Des fois, ya même un casier avec écrit « stagiaire » (mais bon, ya déjà 5 stagiaires dans le service donc voila, mais au moins, on sent qu’il y a eu un geste…). Pis alors le top du top, c’est quand en plus ya une glace ou tu peux te regarder dedans pour voir si tu es présentable !!


    C’est rigolo, parce qu’avant même de connaître les gens avec qui tu vas travailler, tu les vois à moitié à poil. Tu connais pas leur prénom, mais tu sais si ils accordent leur sous-vêtements (indice précieux). Moi qui suis ultra pudique, c’est une véritable épreuve à chaque fois que je dois montrer mon ventre qui hélas n’est même pas bronzé. Surtout qu’en général, les gens se retournent pour te parler pile au moment ou tu n’as pas envie qu’on te regarde. Pis alors le mieux c’est quand les vestiaires sont mixtes. Une fois il a fallu que je me change à coté de mon cadre moustachu en essayant de tenir une conversation le plus naturellement du monde. Mais j’ai développé une manière assez habile ma foi de me changer le plus rapidement possible et en arrivant à me dénuder le moins possible. J’ai une technaïque d’enfer, même pas peur !

    C’est aussi là qu’on peut se rendre compte que tous les fantasmes véhiculés sur les infirmières n’ont aucun fondement. Oui, aujourd’hui messieurs, je vais tout vous dévoiler ! Et finalement il n’y a pas grand-chose à voir, les tenues étant blanches, la plupart des infirmières non nymphomanes n’ont que des sous vêtements chastes et invisibles. En ajoutant des bas de contention, parce que piétiner toute la journée, bah au bout d’un moment ça fait mal hein. C’est moche mais on n’aura pas de varices à 40 ans, nous.


    6 commentaires
  • Comme vous le savez, je suis hyper fière quand on se ballade, moi et ma blouse, dans les couloirs des hôpitaux (plus ils sont grands, mieux c’est, ça donne bizarrement l’impression d’être plus intelligente quand on se promène en blanc dans un super CHU).

    Pis un jour que je cogitais (j’avais rien d’autre à faire, yavait pas de Voici ni de Closer dans le service), je me suis demandé ce que la blouse représentait pour moi, et pour les autres. Voui j’aime les questions métaphysiques.

     

    Qu’est ce qui fait qu’avec la blouse, je me sens le droit de faire des soins comme la toilette, pose de sonde, ou même entretiens infirmiers, alors que sans elle je ne pourrais pas le faire (en dehors de l’aspect hygiène j’entends) ?

    Je me suis déjà retrouvée en face des patients sans blouse, et je ne me sentais plus légitime, je n’étais plus mon MOI professionnel, mais mon MOI privé (oula qu’est-ce qu’elle nous raconte l’autre ?). Et j’ai eu du mal au début.

    Bref j’ai fait quelques petites recherches là-dessus, et je suis tombée sur toute une symbolique que je n’attendais pas aussi vaste. Mais je la trouve passionnante alors je vous fais un peu partager…

     

    D’abord, la blouse représente l’expression des connaissances du soignant, de son activité, son pouvoir, et l’image de l’hôpital. Elle sert de cadre de référence à l’IDE et de repère au malade. Elle permet de différencier chaque catégorie de professionnels.

     

    Ensuite elle met en lumière la position de domination du soignant en représentant l’institution, la thérapeutique. Le patient devient ainsi un objet passif de soin (le soignant sait, le patient doit se laisser faire).

    Elle représente la technicité, les soins, qui peuvent être potentiellement douloureux, et peut donc susciter des réactions négatives de la part du patient (peur, refus).

    Elle peut aussi mettre en confiance et rassurer : le patient idéalise le soignant et lui témoigne un respect inconditionnel.

     

    Les soignants sont également protégés par leur blouse.

     « Prendre soin des malades nous renvoie à notre propre fragilité ».

    La blouse sert d’interface entre le soignant et le soigné. Elle montre à l’autre ce que nous voulons lui montrer et ce que nous voulons être devant lui. C’est un système de protection de notre individualité et un support de l’illusion. Elle empêche l’intrusion et les agressions de l’autre en nous mettant à distance.

    La blouse est ainsi une barrière protectrice du psychisme, elle ne laisse pas échapper les émotions, les angoisses, et nous laisse apparaître sereins. Pour ne pas devenir visibles de peur de perdre toute crédibilité.

     

    Blouse qui instaure une distance : elle protège d’une trop grande proximité psychique avec le patient et rappelle au soignant sa fonction de soignant, ce qui permet de maintenir une distance thérapeutique et protège le soignant d’un envahissement physique et psychique qui pourrait être débordant. La blouse cache l’intimité, met une distance pour éviter la familiarité, une relation trop intrusive.

     

    Blouse faisant fonction de masque : elle reflète un changement d’état, rassure le soignant, lui donne une certaine autorité sur le soigné, peut lui permettre de jouer un rôle, de cacher son insuffisance et de tromper (ce qui est d’ailleurs très utilisé par les étudiants infirmiers, qui n’ont aucune expérience au début mais se situent déjà en tant que soignants, ils faut bien qu’ils fassent illusion…).

    La blouse masque, déforme, transforme.

     

    Et ce que je trouve le plus intéressant :

    La tenue reflète le changement d’un état, le passage d’un MOI à un SOI, d’un ETRE à un PARAITRE.

    Quand on met la blouse, on n’est plus soi, mais un professionnel. On change d’apparence, d’être, on n’est plus le même que dans la vie privée.

     

    Je trouve tout ça intéressant à méditer…

    Je vois maintenant dans ma blouse autre chose qu’une fringue super sexy avec laquelle je peux frimer faire mon travail.

    C’était la minute philo du jour, mille excuses pour ça !

     


    4 commentaires
  • Comme je l’ai déjà laissé entendre, mes premières piqûres ont été des moments forts de ma petite vie d’étudiante. Bah oui, dans l’idée générale, les gens voient souvent les infirmières comme des piqueuses invétérées. C’est pas faux cela dit, même si c’est pas le plus gros du boulot, mais une chose est sûre, piquer, on sait faire.

    * Lueur sadique dans les yeux *

    Donc mes premières effractions cutanées. Je découpe un peu, parce qu’il n’y a pas qu’une sorte de piqûre.

    Ma première sous cutanée.

    La classique piqûre d’insuline, avec le fameux stylo. Mon 2e jour du premier stage, en maison de retraite. Une dame que j’aimais bien. Que l’infirmière a prévenu que c’était ma toute première. Elle s’est tout de suite prêtée à mon apprentissage. Faut dire qu’une diabétique, les aiguilles, ça lui fait pas peur. D’abord le petit hémoglucotest, au bout du doigt. Puis le stylo à insuline, j’étais comme une poule qui découvre un couteau. Aucune idée de « comment ça marche ce truc là », mais j’ai pas trop voulu passer pour une idiote alors je me suis débrouillée comme j’ai pu. J’ai vérifié 15 fois la prescription, ai fait vérifier mon stylo et je me suis lancée. Je me souviens, c’était juste avant le repas, dans le couloir. J’aurais préféré de meilleures conditions de baptême, mais apparemment ça n’avait l’air de choquer personne. Tremblante, je fais le fameux pli cutané, je pique, j’injecte, je dépique. Trop fière.

    Depuis, des sous cut, j’en ai fait un paquet entre l’insuline et les anticoagulants. Je les aime bien d’ailleurs (oui je rappelle que je suis une sadique), et celles là les patientes veulent toujours que je les refasse tous les jours parce que je fais pas mal apparemment (faut bien s’envoyer des fleurs de temps en temps, je suis très forte en sous cutanées).


    Ma première intramusculaire.

    2 jours plus tard. La fameuse piqûre dans les fesses ! La plus connue, la moins courante. J’avais appris sur un morceau de sopalin.
    Là le patient était un monsieur psychotique. C’était de l’Haldol, 6 ampoules. J’avais pas mal d’appréhension, parce que dans les fesses, le patient est retourné, il ne voit pas, ça fait mal, c’est hyper intrusif. Même aujourd’hui encore j’ai du mal avec celles-là parce qu’il y a une dimension psychologique non négligeable (j’ai entendu un patient dire un jour qu’il se sentait violé à chaque fois). Bref je l’ai préparée et j’y suis allée, faut bien se lancer. Quart supéro externe de la fesse, une trouille pas possible de tomber sur le nerf sciatique, mais je prends mon élan et je pique. Surprise, ça rentre comme dans du beurre. C’est en injectant que ça a été plus dur, l’Haldol étant très huileux. Confiante, j’avais poussé le piston et…. Rien ! Pour arriver à l’injecter, j’ai dû pousser comme une malade. Pauvre patient. Mais j’étais fière une fois de plus, même si selon l’infirmière du moment, j’aurais fait le même geste si j’avais joué aux fléchettes… Moins d’élan peut-être la prochaine fois !

    Ma première prise de sang.
    Toute une histoire. C’était le seul truc qui me dégoûtait, je ne sais pas pourquoi. C’était mon 2e stage, en psy. Première prise de sang à un patient arrivé la veille. Je cherche la veine, je cherche… Je me sens stupide, le monsieur… Il a pas de veine ! J’y suis bien restée 10 minutes sans rien trouver, sans oser regarder l’IDE et le patient en face. Rouge comme une pivoine, j’ai avoué que je trouvais pas.
    Il s’est en fait avéré que ce patient était toxicomane et que ses veines étaient détruites. On a fini par le piquer en intra-artériel. Ouf, ce n’était pas moi qui divaguais.

    J’ai été sauvée quelques temps plus tard par un jeune patient qui avait des veines superbes, je n’avais que l’embarras du choix. Le sang qui s’est écoulé dans le tube m’a fait l’effet d’un miracle. Ca me fait toujours cet effet là d’ailleurs, une sorte de jubilation (« ouaiiiiiis j’ai réussi, je vais pas être obligée de repiquer ») jusqu’à ce que je me rende parfois compte que j’ai oublié un tube et que je dois aller l’expliquer, rouge et penaude, au pauvre patient qui va devoir souffrir une 2e fois.

    Quand je réussis à faire tout le tour des prises de sang, je reviens triomphante comme si j’avais sauvé le monde, je brandis mes tubes comme des trophées, ça me fait presque la matinée. Puis j’ai découvert que ça me dégoûte quand je vois les autres le faire, mais qu’une fois qu’on s’y retrouve, on ne voit que la veine et ça passe beaucoup mieux. Faut juste gérer le patient à qui ça fait peur. Ca m’est arrivé une fois, un grand gaillard qui a l’air costaud et sûr de lui, et qui me dit d’une voix timide « mais euh j’ai peur des piqûres, j’ai peur du sang… ». J’avais plus peur que lui, si je l’avais ratée il m’aurait sûrement mis une droite.


    Mon premier cathéter.

    Je n’en ai réussi qu’un seul pour le moment. Sur une infirmière, mon premier. Depuis j’ai réessayé deux ou trois fois, pas moyen de poser un KT. Je sais pas, je dois avoir un problème psychomoteur. Curieusement, je bloque quand je vois le sang arriver, je ne sais plus quoi faire. Et les IDE avec moi à ce moment ne m’ont pas tellement aidée. Résultat, changement de draps, nettoyage du sang par terre (on croirait qu’on a torturé la patiente), repiquage. Merci d’être passée Fant4zy.

    Je vous avoue que je suis hyper frustrée sur les cathéters, mais bon un jour j’y arriverai bien. J’organiserai une soirée pour fêter ça.


    Ma première intraveineuse.


    A mon dernier stage. Grâce à une SF (mouah je les aime les SF). J’étais en chirurgie gynéco, elle est venue me chercher dans le service pour me la faire faire. Des immunoglobulines pour une incompatibilité rhésus foeto-maternelle. J’étais un peu embêtée de ne connaître la patiente ni d’Eve ni d’Adam, meuh bon, faut bien se lancer, pis j’allais pas lui demander de me raconter sa vie avant de faire la moindre piqûre non plus.
    Bref j’ai aussi eu un problème psychomoteur avec le garrot qui m’a fait piquer 2 fois (la pauvre, elle a dû être contente du voyage, elle détestait les piqûres). Mais je m’en suis sortie quand même. J’ai eu droit à une 2e fois de rattrapage, avec la même SF d’ailleurs, qui cette fois a été un véritable succès. Comme quoi on arrive à tout.

    Eh oui vous voyez, je me rappelle de toutes mes premières fois! Et un truc que j'adore aussi, c'est la préparation des seringues. Je trouve ça hyper classe, le tapotement pour faire remonter les bulles d'air.
    Comment ça "cinglée"?


    6 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique