• Hier soir alors que je m'apprêtais à faire saiks avec mon Interne (attention second degré), une armée de petits trolls des bois s'est introduit ici par une fenêtre ouverte. Ceci a provoqué de sérieuses perturbations notamment la modération des commentaires. Ca me désole mais au bout de la 20ème réaction me souhaitant les pires choses on est un peu lassé.

    J'ai apparemment été prise pour cible par quelqu'un qui trouve le blog choquant. Bétadine Pure, c'est bon quand ça pique, et oui ça pique. En même temps je ne force personne à lire. J'aurais pu écrire un blog consensuel qui parle de bébés avec un fond Anne Gueddes. Un blog où je parle de ma dévotion sans faille à mon métier. Un blog où mes patientes seraient une allégorie vivante de Dieu... ou tout bêtement des reines, comme les clientes d'un magasin. Mais non, je voulais autre chose et les patientes ne sont pas des clientes. Ce sont des êtres humains, comme moi et la relation que j'entretiens avec eux (elles en l'occurence) est personnelle. Difficilement jugeable sans me connaître.

    Donc voilà, cette personne, Satyre pour ne pas la citer (attention Humour, aplause) a sorti plein de phrases de leur contexte le tout sur deux articles du blog (qui en contient quelques centaines) pour faire de moi: la méchante sage-femme sur qui taper.  Un des articles parle des hospitalisations "parapluie" qu'on pratique un peu pour se couvrir sur le plan médico_légal alors que la patiente aurait peut-être pu rentrer chez elle. L'autre parle de l'abus de certaines patientes et familles qui parfois sont agressives (désolée, je casse peut-être un mythe mais une femme enceinte n'est pas forcément un Bisounours). Ce ne sont surement pas les deux articles les plus réussis, ils ne méritaient pas un tel tapage, j'aurais aimé que Satyre (Humour humour) mette l'accent sur d'autres qui me tenaient plus à coeur.

    Quoiqu'il en soit un tel jugement de valeur sur une personne dont on ne connait rien est intolérable et j'imagine bien que ce devait être ce genre de personnes qui brulait les Sorcières (voire les sages-femmes) aux temps anciens. Navrée mais s'il y a  bien une chose qui m'hérisse les poils, c'est le jugement de valeur, le vrai, pas celui où on rigole un peu quand même.

    Beaucoup se sont interrogés sur mes motivations professionnelles, ils n'ont pas lu le blog c'est clair, j'ai bien du dire plusieurs fois qu'il n'y en avait qu'une: avoir des rapports sexuels avec des médecins dans la réserve. Bizarre que cette phrase n'ai pas été reprise, je vois déjà les commentaires indignés. Et oui, comme la désormais célèbre phrase "je n'aime pas les gens", il ne faut peut être pas prendre ceci au premier degré.

    Allez je conclue par un Merci Satyre, les visites ont explosées et j'espère que ça servira à des articles un peu plus sérieux. Merci également d'avoir édité ton post c'est quand un même plus sympa ainsi. Merci aussi à tous ceux qui pensent que je suis encore plus méchante qu'Oussama Ben Laden (cf sondage colonne de gauche).

    Lauve.


    PS: je retente l'ouverture libre des commentaires, merci de ne pas abuser.


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  • Knackie:
    Knackie est une étudiante belle, jeune, dynamique et... rose puisqu’elle est future sage-femme. Après le cap inhumain de la P1, elle a su se frayer un chemin dans la jungle des services, guettant la moindre occasion d’aller côtoyer les femmes enceintes se trouvant sur son passage, tout en fredonnant la dernière chanson passée à l’Eurovision, et en pensant à la prochaine affiche d’Anne Geddes qu’elle va pouvoir s’offrir.

    Malheureusement pour elle, elle n’a pas la chance d’être une étudiante infirmière, ce qui la rend passablement jalouse (on peut comprendre).

    Mais on adore quand même la laisser nous raconter sa vie de néo sage-femme…



    Fant4zy:
    Fant4zy est une étudiante infirmière lubrique qui est en passe de terminer ses études. Outre le fait d'étudier pour se trouver un riche et prestigieux mari, elle aime frimer dans sa belle tenue blanche, réussir ses piqûres et le chocolat.
    En bonne sage-femme, je la maudis elle et toute sa profession (je ne sais pas trop pourquoi, mais il parait qu'on n'est pas une vraie sage-femme sans ça). Elle blogue parmi nous pour nous raconter comment ça se passe ailleurs qu'en maternité.

    Doc Capuche:
    Doc Capuche est interne en médecine générale médecin urgentiste. Elle aime les patients mourants mais fuit les femmes enceintes qu'elle trouve étrange. Elle ne se sépare jamais de son casque à bière et de son sexe appeal qui met toutes les jeunes filles en émoi. Dernière arrivée parmi nous, elle a su habilement s'intégrer pour devenir un élément essentiel de ce blog en nous contant son expérience de bientôt-docteur.

     

    Enfin, ce blog s'adresse aux professionnels, étudiants ou tout autres usagers du système de santé intéressés par ce qu'on y raconte. Les situations qui y sont décrites ont pour but de donner un aperçu de l'exercice professionnel et non d'y relater avec détail et exactitude un cas ou un patient en particulier. Lecteur, si tu te reconnais dans un article sache que ce n'est surement pas toi.


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  • Etre étudiant infirmier, je suppose que c’est pas pire qu’ailleurs. C’est même plutôt sympa parce qu’on fait tout plein de trucs ! On alterne les cours et les stages, et on est toujours content de retrouver l’un et l’autre (l’un c’est limite les vacances, et l’autre c’est « ouaiiiii y va yavoir de l’action, je vais sauver le monde »).

    Après notre joli concours qui n’a pas grand-chose à voir avec ce qui ce passe dans la formation, on est partis pour 3 ans et demi.

    La première année on est sensés apprendre le travail de l’aide soignante (qui est en fait notre rôle propre), c'est-à-dire les soins d’hygiène principalement. Puis on est tout heureux quand on nous permet enfin de toucher une seringue, on ameute tout le quartier le soir de sa première intramusculaire, de sa première prise de sang… C’est mignon tout plein, nous sommes des étudiants jeunes et dynamiques!

    La deuxième année, on commence à être doucement fatigué mais on continue avec entrain. En stage on est un peu entre 2 eaux, soit considéré comme un première année qu'on ne peut absolument pas laisser seul, soit comme sachant tout faire et débrouille toi.

     

    La troisième année, on est franchement crevé et on est un bébé infirmier. Comme si au bout de 2 ans d’études on était sensés savoir gérer un service ! Pourtant c'est ce que la plupart des gens croient malheureusement. Et puis, oh les partiels! Oh les MSP! Oh le travail de fin d'études! Bonheur!

    Tout le long on découvre plein de choses, notamment qu’être infirmière est encore plus intéressant que ce qu’on avait imaginé mais qu’on n’est quand même pas dans le monde des bisounours (oui, on avait imaginé ça aussi)…

    Car on se retrouve confronté aux équipes (adapte toi comme tu peux), aux patients (ah oui… quand même), aux médecins (mais j’existe ou pas ?), aux terribles MSP (treemmmble petite élève), aux partiels (oui bon), aux collègues (radio-poulailler bonsoir), à soi-même, et c’est pas le plus simple à gérer.

    Ma philosophie : Essayer déjà de ne tuer aucun patient. Pour le reste faire de son mieux !

     

    Cela dit, il ne faut pas se faire d’illusions à la Miss France, genre « je serai une infirmière dévouée et formidaaaable, mon but est d’éradiquer toutes les maladies et de tenir la main de tous les mourants » * sourire bright * (sisi j'en ai vu des comme ça!), mais c’est quand même un travail super intéressant et enrichissant. En attendant le titre suprème, on s'adapte aux situations, on prie... Et ça passe bien vite...

     

    Article connexe: etre étudiant sage-femme


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  • IDE, pour les intimes...

    Pour vous décrire en quelques mots la profession…

    J’ai envie de dire qu’être infirmière c’est être la fille de toutes les situations.

    L’infirmière (ou l’infirmier, hein, on va pas commencer à être sexiste) a deux rôles principaux : son rôle propre qui consiste principalement à assurer le confort et la surveillance des patients, et son rôle sous prescription médicale, qui regroupe tous les soins infirmiers dits « techniques » pour faire très large.

    En clair c’est la fille en blanc qui fait le pivot entre patient, famille et médecin, qui s’occupe plus ou moins que tout marche comme il faut, qui fait les soins en collaboration avec médecins et aides soignantes.

    Elle peut exercer un peu partout, que ça soit en médecine, chirurgie, psychiatrie, santé publique, pédiatrie… Ce qui en fait une profession très vaste car chaque lieu d’exercice est radicalement différent des autres.

    On peut même se spécialiser si ça nous fait plaisir : infirmier de bloc opératoire, infirmier anesthésiste, puéricultrice, cadre infirmier, infirmier libéral ou infirmier scolaire.

    En ce qui concerne les études, pour le moment ça se passe en 3 ans et demi après un concours constitué d’un écrit et d’un oral (il suffit d’avoir le BAC pour se présenter). L’enseignement alterne à parts égales entre des stages dans les différents types de service et les cours théoriques, à l’IFSI. A la fin, le diplôme est validé avec un mémoire (écrit + soutenance) et une mise en situation professionnelle en service.

    Je disais « pour le moment » parce qu’une réforme est en train de se mettre en place pour l’an prochain. J’en parlerai lorsque j’en saurai plus, on parle d’une refonte totale des études (moins de stages, un mode d’évaluation différent, un mémoire supprimé d’après les rumeurs), qui nous permettra d’avoir un hypothétique BAC+3.

    Pour reprendre une réflexion d’un camarade de promo… Certes, un comptable voit moins la souffrance, la mort, la solitude, la déchéance… qu’un IDE, mais il doit quand même plus s’ennuyer que lui….


    Sites sur les IDE: 
    Infirmiers
    Espace infirmier

    Article connexe: sage-femme


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  • Lorsqu'on rentre à l'école on nous demande pourquoi on a choisi ce métier...enfin non, on ne nous le demande pas, ce serait trop long à expliquer et puis surtout le sait on vraiment? On aime par contre nous expliquer qu'il y a une raison à toute chose, que nous avons choisi sage-femme pour une raison mais qu'en réalité il y en a une autre cachée au fond de nous.
    Ouai.
    Moi j'ai toujours été fan du corps, pas en tant que mécanique, ça c'est ce que fait l'Homme en tentant de l'imiter, mais en tant qu'ensemble qui communique et s'adapte à lui même. On pouvait donc me laisser des heures devant un livre rempli de monsieurs tout nu, sans vêtements, puis sans peau, et sans muscles. Ca m'interessait quand même moins que les histoires de globules. Qui n'a pas été marqué par la fameuse carte HLA que le vaillant capitaine macrophage demande aux leucocytes voyous dans Il Etait Une Fois La Vie? Ils l'ont leur carte HLA, le capitaine ne peut rien faire d'autre Lque de les laisser ostéolyser le squelette, cancer du sang oblige.
    C'est donc naturellement que je me suis inscrite en fac de médecine, pas vraiment pour être médecin (quoique, hémato ou endocrino m'aurait ptete plus), mais plutôt pour pouvoir continuer d'être au contact de ce qui m'interessait. De plus, je voulais un métier où j'avais l'impression de servir à quelque chose, dont je puisse être fière. Je me suis alors retrouvée face à un vaste programme dont je vomissais une partie (santé publique, thermodynamique...) mais qui me permettait de recevoir des cours de qualité dans d'autres domaines plus rigolo (certaines partie de biologie cellulaire s'il ne fallait pas tout connaitre dans le moindre détail, la biologie du développement et ses "cascades hormonales" -oui la plupart des gens détestent les cascades hormonales, que ce soit au niveau thalamique, placentaire, surrénalien...moi j'adore-, la pharmacologie intelligente -c'est à dire avoir une idée de comment les molécules fonctionnent et pas apprendre simplement maladie>DCI>nom commercial- et plein d'autres surprises).


    Pleine de joie, je me suis magistralement vautrée la première année. Ben oui, j'apprenais pour le plaisir et ce que j'aimais pas... j'apprenais quand même, mais pas comme il faut. D'ailleurs je n'apprenais rien comme il fallait. La deuxième année, j'ai eu peur de faire ça pour rien (oui la P1 c'est quand même usant...euphémisme...), de ne pas pouvoir continuer à m'amuser, et accessoirement de me retrouver sdf, au chômage, à 50% fac 50% Mc Do puis finalement 100% Mc Do. J'ai donc étudié comme un bison des steppes, ce que j'aimais, ce que j'aimais pas, tout ce que je pouvais supporter. La deuxième fois c'est encore meilleur, la méthodologie étant acquise on peut pleinement se concentrer à l'apprentissage de données. C'est ça le véritable avantage du doublant.
    Les résultats du concours blanc m'ont déçus, ceux du premiers quad également, arrivait le deuxième quadrimestre, le plus difficile mais pour moi peut-être le plus interessant. J'ai donc continué avec la frousse de me faire virer à jamais des études médicales, ce qui m'était même pas envisageable.
    Parallèlement à celà je me renseignais sur les différentes options si je suis reçue naturellement, médecine me paraissais le choix le plus logique pour continuer dans ce que je voulais savoir. Il me fallait cependant un métier où je puisse être autonome, indépendante, avec un certain pouvoir décisionnel. (on ne se refait pas). J'écartais bien vite l'odontologie, le fonctionnement de la bouche m'ayant toujours très peu passionnée, et la kinésithérapie (trop mécanique, trop tactile), vint alors le métier de sage-femme qui pour moi se résumait à une nana rose criant bébééééééééééé. On sait que ce n'est pas (que) ça. Pour résumer très brièvement on pourait dire que sf c'est comme médecin sauf qu'au lieu de soigner, on veille à ce qu'il n'y ai pas besoin de soigner.

    Le jour des résultats je fus soulagée, presque étonnée de voir mon nom sur la liste. Il me fallait alors faire mes choix, par ordre de préférence. Tétue et sachant que de toute façon je ne l'aurais pas (finalement à 24 places près), j'inscris Médecine. Puis j'écarte un avenir fait de $$, de temps partiel et de couronnes pour mettre Sage-femme. Je ne prends pas dentaire car au départ je n'étais pas du tout venue chercher ça, après deux ans difficiles on pourrait être tenté de finir ses vieux jours riche et célèbre mais je savais que dans l'immédiat j'allais être déçue. Je mets donc dentaire en troisième sachant que j'aurais s-f mais on sait jamais, je veux quand même un métier!! Puis kiné mais là vraiment c'est pour être sur de pouvoir manger un jour.

    Le résultat, vous le connaissez, je rentre à l'école et de fait dans le monde du travail. Je suis heureuse de pouvoir toucher à nombreux domaines intéressants (obstétrique, gynéco, anesth, pédiatrie...). Décue de ne pas avoir les conditions d'enseignements d'une faculté. Les internes ils sont gentils hein, leurs cours peuvent être chouettes...mais ce sont quand même pas des prof d'université ( et certains prof sont cro forts). J'aimerais également plus de cours faits par des sages-femmes (c'est quand même le nom de l'école quoi). On quitte en partie le monde étudiant et on se retrouve à avoir quelques responsabilité dont celle de faire attention à ne tuer personne. La P1 c'était dur, mais l'école l'est pour moi encore plus dans un tout autre style. Niveau cours c'est clairement plus simple, niveau application des dits cours, rythme de stage+cours+mémoire+dormir+vie ben c'est tendu. Le P1 n'a qu'une chose à faire, apprendre. L'étudiant sage-femme doit se créer son identité professionel et acquérir les éléments nécessaires à l'expression de cette identité...et puis il n'a plus le droit de jouer à divers processus syntaxiques avec ses professeurs.

    Ceci dit, j'arrive plus ou moins à faire ce que je veux, comme je le veux.  Je sais qu'une fois diplômée je pourrais voguer vers différents horizons, le métier étant vaste, ça me rassure. La grossesse est une situation particulière assez fantastique et les femmes enceintes sont de petits êtres attachiants. On me demande souvent où je voudrais travailler une fois grande: je n'en sais rien. Quelque part où on me laissera utiliser pleinement mes compétences sans avoir un organigramme hierachique psychorigide. De toute façon, c'est loin, je ne suis encore qu'une petite étudiante qui essaie de s'amuser au mieux pour tout le monde.


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