• Je suis un atout

    Lorsque j’étais enfant, je jouais au tarot avec ma famille les soirs d’été. Même si depuis j’ai oublié les règles, je me souviens que j’aimais ça. J’adorais les petites scènes dessinées sur les atouts.

     J’ai maintenant grandi et de ces nuits passées à quémander un peu de fraîcheur il ne me reste qu’un vague sentiment d’irréalité. L’atout maintenant c’est moi et celui qui me tient entre ses doigts n’est pas une petite fille amusée, mais ma maternité. Une institution froide, rigide, qui ne voit que rentabilité et performance. Ce n’est même plus vraiment de sa faute mais un jour, tout s’écroulera.

    Un atout me direz-vous ? Oui, je suis jeune, je ne suis jamais en arrêt maladie, je n’ai pas d’enfant susceptible de me faire louper des gardes ou de me faire refuser des heures supplémentaires non payées. Je suis aussi polyvalente et râle peu lorsqu’on m’envoie sur un poste inconnu comme ça, en me laissant me débrouiller. En toute objectivité, sur un planning, je suis un élément de choix.

    Bonne poire ? Il y a de ça… mais d’un côté ça m’arrange. Je suis une infiltrée. Un grain de sable dans le rouage. On compte sur moi et moi je compte sur peu de gens. J’accepte de servir quelques fois, parce que c’est le jeu. Mais par contre, ne venez pas me chercher des noises sur ce qui me tient à cœur. Revenir le jour où pile je ne veux pas ? Non. Travaillez à Noël ET à Nouvel An ? Non. Et le pire… discuter mes conduites à tenir médicales pour me proposer des avis délirants alors ça, triple Non. J’accepte de servir le système, mais je ne suis pas un automate dédié à sa toute puissance. Le système moi, je m’en méfie. Je pense qu’il gangrène. J’espère juste avoir assez de recul pour ne pas sombrer et peut-être même, l’aider à encore espérer.


  • Commentaires

    1
    Mercredi 4 Septembre 2013 à 11:33

    Ah dans les organisations au travail, ce sentiment persistant d'être celui à qui confie le sale boulot. Je travaille dans le médical en Tunisie et en gros, on peut résumer en disant que dans ma boite il y en a 2 qui travaillent et les autres qui font semblant. C'est le syndrome de la locomotive. Il y a ceux qui tirent et les autres qui se laissent porter. Bon courage à vous, puisque vous êtes aussi parfois vent debout quand on touche à ce qui vous tient à coeur, j'essaierais d'avoir votre attitude quand on me reprendra pour un pigeon. 

    2
    elly10
    Samedi 7 Septembre 2013 à 14:48

    Tiens petite anecdocte fraîche d'hier. Vendredi soir, 17h, ma cadre "Elly10, je t'appelle parce qu'il n'y a qu'une patiente dans ton service, mais que ta collègue est seule en suites de couches la semaine prochaine... Je me demandais si tu pouvais ne pas venir demain mais plutôt faire le WE prochain en sdc avec elle"... Euh... NON, mauvaise pioche, relance les dés!

    3
    Lundi 24 Octobre 2016 à 11:16

    Toujours les mêmes attitudes dans tous les secteurs de travail, aussi, dans les quatre coins du monde, courage et bonne continuation !!

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