• Sociologie de moi

    Je voulais vous parler de ma vie, c’est rare quand ça m’arrive. Un moment suffira y’a pas grand-chose à dire. Qu’il disait. Justement.

    Sauf que comme je suis totalement mégalo alors je vais faire un article de blog.

     

    Donc, tout a commencé il y a une petite vingtaine d’années, disons, presque une trentaine. Je naissais. Je vivais entourée d’adultes ou quasi adultes et à l’extérieur, dans une école de gens méchants. Enfin… ils n’étaient surement pas diaboliques mais… inintéressants pour la plupart, venant pour beaucoup d’une petite bourgeoisie blanche mais crasseuse. Le mieux, j’y suis restée jusqu’au bac. Ué, mais je n’ai jamais eu droit au lycée de gauchos qui refaisaient le monde. Non. Ils voulaient devenir ingénieurs.

    Durant toutes mes jeunes années, j’ai vécu plus ou moins brimée, moins ou très moins intégrée, à parfois avoir un petit frisson aujourd’hui, lorsque je vois certaines suggestions Facebook. J’y ai sûrement même appris à ne pas vouloir m’intégrer car « de toute façon, les gens, c’est que des cons ». J’avais très peu d’amis et ils n’étaient pas vraiment proches. D’ailleurs je ne garde plus aucun contact de ces années. J’ai probablement dû passer par une phase ado déprimée jouant de la guitare pourrie en regardant par la fenêtre. Mais, l’honneur reste sauf, je n’ai jamais eu de skyblog. Je me demandais si ça finirait un jour.

    A la fac, autre monde, autre gens, j’ai vraiment commencé à vivre… en P1. Deux ans parmi les plus durs et merveilleux de ma vie. Avant, il y a quand même eu internet et son ouverture sur ailleurs. Ca aide.

    Mais je garde indubitablement une réserve envers les groupes sociaux. Pour moi, Le Groupe était celui qui ne me voudra jamais. Qui se sentant fort me blessera alors que ses membres sont pourtant si faibles individuellement. J’ai fait l’inverse. Seule et forte. Me fichant de ce qu’on pouvait penser, maniant la dérision et les 36ème degrés.

    Alors, j’ai pris le contre-pied. Je n’ai pas fait énormément de choses comme tout le monde et ça m’a ouvert les portes de groupes plus restreints, plus amicaux. Et putain là, j’ai découvert la facilité de la vie lorsqu’on ne bataille pas seul contre des moulins. De temps en temps, ça fait du bien d’être parmi des gens dont tu ne pars pas avec un capital sympathie négatif. Mais, malgré tout, je n’y arrive pas, enfin, pas longtemps. Je suis une traumatisée des groupes. Je préfère 1000 fois passer 1000 heures avec une ou deux personnes (à poil) que l’inverse (et je vous laisse chercher quel est l’inverse). Je n’aime pas la superficialité et la simplification impliquant le groupe. Mais d'un côté seule avec quelqu'un nous empêche d'être mutique et ça aussi, peut être dur.

    Pourtant, je me trouve sur le chemin, non pas d’une guérison, mais d’une faisant fonction de guérison. Parfois je groupise avec un plaisir sincère. J’arrive à prendre certains membres plus ou moins individuellement (…) et à communiquer. Des fois, ça abouche sur des coups de cœur hallucinants. Pour les gens normaux, c’est peut-être normal… mais pour moi, lorsque je déniche quelqu’un m’inspirant autre chose que la peur, l’ennui, le dégoût, l’indifférence, c’est énorme. Plutôt solitaire, n’aimant pas la rencontre avec des gens non-proche (oui, le serpent se mord la queue) je ne me donne pas beaucoup l’occasion pour que ça arrive. Mais, c’est pourtant tellement bon.

    Je suis peut-être une traumatisée des rapports sociaux, et oui, j’entretiens peut-être cela alors quelque part, ça me convient mais… mais… Ce soir je vais me retrouver seule alors que j’aurais vraiment bien envie de refaire le monde ivre en tentant de dessiner un pénis portugais parce qu’une péniche c’est trop dur (devrait y avoir un copyright là-dessus tellement que c’est trop bon).

    Je stoppe et je regarde. J’ai « choisi » une vie familiale en marge (deux chats c’est beaucoup), une profession de persécuté(e)s sous payé(e)s et sur twitter je fais rarement des #Hugs parce que je suis méchante. Je ne veux pas être membre d’un quelconque groupe. Non sérieux. Le gens est intéressant en électron libre et instable, en sa contradiction. Et contradictoire je le suis foutrement parce que à vous je peux le dire, le groupe je l’aime autant que je le hais.

     

    Et si ce blog était un skyblog, j'aurais même mis ça entre deux Vierge pleurant du sang.


  • Commentaires

    1
    Lundi 13 Mai 2013 à 19:09
    DocAdrénaline

    Coin coin !

    Passes une bonne soirée, chouette électron.

    2
    Knackie Profil de Knackie
    Lundi 13 Mai 2013 à 19:33

    Hum oui... j'ai une préparation surgelée au poisson au four, ça va être terrible. ^^

    3
    Lundi 13 Mai 2013 à 19:36

    Chouette texte. Et chouette groupe, non ? ;)

    4
    Lundi 13 Mai 2013 à 20:32
    Anerick

    C'est dommage qu'il faille attendre toute une vie pour enfin bien se connaître. On en perd du temps.

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    5
    Knackie Profil de Knackie
    Mardi 14 Mai 2013 à 17:40

    Borée>> je sais pas ça manque de mecs à poil #OhWait

    Anerick>> Comme le deuxième accouchement par lequel on devrait commencer.

    6
    Mercredi 15 Mai 2013 à 20:18

    J'ai eu la même appréhension des groupes...et puis un jour j'ai appris le carpe diem, pas seulement connaitre la maxime qui illustre le cercle des poètes disparus, mais surtout l'expérimenter, le vivre.

    Je n'ai jamais été dans les populaires à l'école, j'étais connu...par mon comportement abérrant, parce que je ne suivais pas la ligne du parti. Je me suis rendu compte il y a peu que je pouvais faire peur au gens, que je leur faisais peur parce que je ne pensais pas comme eux. J'ai souffert de ne pas être dans le troupeau, de ceux qu'on invite au soirée dite cools mais au final, je choisis. J'ai le choix.

    Rencontrer un groupe avec des gens qui se connaissent et d'autres pas est un exercice délicat, mais que cherche-t-on au fond? Etre intégré au groupe ou d'être soi même? J'ai fait le choix il y a peu d'être moi même car c'est ce qui me rend heureuse. En étant heureuse, je sens mon entourage proche (mari et mogwai) heureux aussi. J'apprends tout doucement à m'affranchir du regard de l'autre, à critiquer (au sens premier) et surtout à ne pas me dévaluer.

    Je me reconnais dans ton texte par certains aspects, par d'autres moins car nous n'avons pas vécu les mêmes expériences mais oui, tu n'es pas seule à ressentir le fait d'être à part. Et au fond, on est tous à part ;)

    7
    Knackie Profil de Knackie
    Mercredi 15 Mai 2013 à 20:56

    Je pense que nos sommes entourés de gentils pseudo-autistes.

    8
    Mercredi 15 Mai 2013 à 21:56

    je le pense aussi, le syndrome d'asperger est peut-être plus frequent qu'on ne le croit

    9
    faribole
    Mardi 28 Mai 2013 à 18:42

    Marrant : je me retrouve souvent dans tes textes, je passe souvent te lire, et je suis tout le contraire de toi. Une forcenée de l'intégration. Si y'a un groupe, faut que j'en sois. Bon, ok, les cons pullulent, mais (égo surdimensionné oblige), dès que je trouve un groupe de gens pas trop cons, je sur-socialise tellement que je finis dedans (voire à la proue).

    C'est épuisant, donc je me soigne. je découvre qu'on est bien chez soi. (Bon, chez moi on est 5, ben ouais j'ai appliqué la même théorie à la vie privée)

    bons surgelés ! 

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