• Les Vieilles Bricoles de Knackie reprennent certains textes courts écrits du temps où j'étais jeune, dont certains s'inspirent librement de mes expériences au contact du monde médical. Ils trouvent ainsi une place nouvelle, et peut-être, un regain de fraîcheur.

     

    Elle voudrait arrêter de fumer

     

    Mes yeux s’attardent sur ses ongles cassants et jaunis. Nous parlons de tout et surtout de rien, elle voudrait arrêter de fumer. Chacun de ses doigts sont aussi larges que deux des miens et sa main rouge aussi gonflée qu’un mollet thrombosé. Elle garde son blouson Décathlon et me parle du futur papa, tout le monde chez elle veut bien faire pour l’arrivée du bébé. Mon regard monte vers ses poignets aux veines incendiées, elle me raconte qu’au travail on a déjà aménagé ses journées.

    Elle a d’elle-même décidé de diminuer les doses de son substitut à l’héroïne, pensant bien faire. Trois jours pas faciles où son corps et son habitant ont enchaînés les grands huit. Un peu comme si on vous scotchait devant Cauet, sur un siège en rotation, dans une pièce où raisonne son rire benêt.

    Elle voudrait arrêter de fumer mais sa chair entière rejette le Subutex qu’elle s’injecte. L’eau sale et la poudre censée s'avaler détruisent les veines qu’elle a de plus en plus de mal à dénicher. Elle me dit que le geste se révèle aussi addictif que la molécule et le matin elle trouve ses mains très enflées... Elle sait qu’il serait préférable de gober ses comprimés.

    D’un trait, je raye « prendre consult tabaco » de mon carnet.


    1 commentaire
  • J'inaugure une nouvelle rubrique, Les Vieilles Bricoles de Knackie qui reprend certains textes courts écrits du temps où j'étais jeune, dont certains s'inspirent librement de mes expériences au contact du monde médical. Ils trouvent ainsi une place nouvelle, et peut-être, un regain de fraîcheur. Alors... commençons léger !

    Stay on the scene

    Près de chez moi se trouve un monsieur
    Que d’aucun conterait graveleux
    Je vous dirais bien où il habite
    Mais il pourrait vous montrer sa bite.

    Connu pour être piètre chasseur
    Un plomb a sonné son heure
    Je dirais bien où il bourrine
    Mais il pourrait vous montrer sa pine.

    Son joli syndrome frontal
    Fait de lui un patient jovial
    Et je vous dirais bien où il caquette
    Mais il crierait sûrement: quéquette !

    Alors, bien heureux le malotru
    Qui une balle dans le cortex
    Ne pense plus qu’au sexe.


    votre commentaire
  • Chez moi, j'apprécie vivre dans le luxe. Le luxe de ne pas avoir à prendre de décision "Pizza ou Burger ce soir ?" Oh.... 'sais pas... Et puis surtout, le luxe de pouvoir abandonner. Lorsque je n'arrive pas à ouvrir le pot de cornichons je peux laisser tomber dès les premières secondes, ne pas me fatiguer et le donner à mon docteur l'oeil supplicant. En quelques secondes je peux ainsi me délecter d'un délicieux légume sans avoir subi de vilaines choses du genre, une rougeur de la main.

    A la maternité, c'est différent. Si pour certains gestes on peut facilement passer la main Allo uiiiiiii ? La madame, j'arrive pas à la perfuser.... Pour d'autres, on n'a pas vraiment le choix, on doit continuer, ne pas abandonner et peut-être même, réussir. Ses situations sont relativement rares à l'hôpital où on a des collègues plus ou moins expérimentés, mais existent tout de même. Ainsi, je me rappelle d'une bonne grosse difficulté aux épaules lors d'un accouchement. La tête sort sans encombre majeur puis vient le moment des épaules. Je sens l'épaule antérieure au toucher, elle est engagée dans le bassin, ce n'est pas une dystocie, mais elle ne vient pas facilement pour autant. Je demande à la maman de pousser, mes collègues la mettent en position adéquate (Mc Roberts pour les connaisseurs, avec même un poing sus-pubien) mais je transpire sous le masque. Ce moment me parait interminable, en réalité il a peut-être duré une minute, je sais pas... et c'est déjà long pour le dégagement des épaules, mais on m'aurait dit dix, j'aurais trouvé ça probable. Donc voilà, la maman pousse, j'abaisse la tête rien ne vient, elle pousse encore, j'abaisse encore, je me dis bon sang, je commence une traction douce dans l'axe sacro-coccygien, ça avance d'un milimètre. J'ai chaud, j'ai l'impression de pas y arriver et là, j'ai grave envie de passer le pot de cornichons à ma voisine. Je regarde la patiente, mes collègues, ils n'ont pas l'air dans ce trip, alors je me dit que non... l'abandon n'est pas une option et je dois sortir autre chose que la tête... On continue donc, je re-tire douchement mais fermement, j'ai peur de l'élongation du plexus brachial, mais je reste dans le bon axe, l'épaule antérieure est bien engagée et de toute façon, il faut que le bébé sorte maintenant. Alors, milimètre par milimètre ça avance et l'enfant finit par naître. Je demande à ma collègue de le prendre rapidement et de l'examiner car la naissance fut un brin chaotique. Je file vite la retrouver, il va bien, pas de plexus brachial, et il retourne auprès de sa mère.

    Ces situations sont rares mais font d'autant plus apprécier le confort d'un chez-soi douillet. Alors oui, des fois je peux être pénible à ne pas vouloir m'engager, à passer la main, botter en touche, mais c'est un petit plaisir que je m'accorde et que je sais apprécier parce qu'ailleurs, dans ma vie professionnelle de moi vêtue d'un pyjama, je n'y ai pas droit.


    5 commentaires
  • Etrange question me direz-vous... surtout un samedi soir... je devrais sûrement avoir d'autres choses à faire que d'écrire un post à fort potentiel déprimant.  Mais ça me trotte dans la tête depuis un moment, et je profite d'un moment de calme en célibataire associé à une flemmingite aiguë de faire quelque chose de constructif pour (pas très bien) écrire.

    Cette question, elle se pose à moi depuis que j'interviens en SMUR (et que j'ai le droit de faire le petit papier bleu, aussi appelé certificat de décès). J'ai eu plusieurs fois à intervenir pour des arrêts cardiaques chez des personnes (très) âgées, avec un certain nombre (pour ne pas dire un nombre certain) de pathologies parfois (souvent?) lourdes, très peu souvent autonomes. 

    Pour moi, quand je vois ces personnes, je vois mon grand-père avec sa maladie de Charcot ou ma grand-mère avec son cancer du sein. Ou encore certains des résidents de la maison de retraite où j'ai travaillé. Pour toutes ces personnes, quand leur coeur s'est arrêté, la famille a pleuré. Le médecin a été prévenu pour constater le décès. Les pompes funèbres ont été prévenues. L'enterrement a eu lieu. Le deuil a fait son travail. Au milieu de toutes ses étapes, à des moments différents mais souvent assez tôt, les proches ont été soulagés. Soulagés pour la personne décédée, qu'elle ne souffre plus. Soulagée pour elle-même, qui avait investi du temps et de l'énergie auprès du "pas-encore-défunt" pour que les jours-mois-années qui lui restaient à vivre soient le moins pénibles possibles.

    Aujourd'hui, lorsque j'interviens en SMUR dans ces situations, une réanimation a été débutée. Il y a quelqu'un en train de masser, que ce soit la famille, un voisin, la pharmacienne, les pompiers, voire même le médecin traitant. Alors que je n'y vois que de l'acharnement, la famille espère que la réanimation portera ses fruits, que le futur défunt (parce qu'il n'y a quand même que très peu de chances pour que cela fonctionne) ne meure pas et vive encore plusieurs jours-mois-années dans son lit sans interragir (ou à l'hôpital après un séjour plus ou moins long). J'ai du mal à comprendre que certaines familles n'acceptent pas de laisser partir leurs proches tranquillement. Je ne sais pas vraiment gérer ces situations. J'essaie d'aller voir la famille rapidement, de leur expliquer que même si le coeur repartait, leur proche ne s'en remettrait pas (ou serait encore plus dépendant qu'avant). Parfois, je fais même arrêter la réanimation avant d'aller voir la famille. Sinon, je la poursuis, plus ou moins intensément, le temps de la discussion. Le temps de l'acceptation. Avant le déclenchement de la séquence pompes funèbres - enterrement - deuil.

    J'ai du mal à m'expliquer qu'on puisse essayer de réanimer ces personnes là, et à ne pas les laisser partir tranquillement. Peut-être est-ce la conséquence du déni de la gravité de la situation médicale du patient, peut-être que le fait de voir la réanimation permet à la famille d'accepter le décès, peut-être est-ce pour une autre raison. Je ne le sais pas, et je ne le saurai jamais. J'espère juste trouver comment gérer ces moments du mieux possible.

     


    11 commentaires
  • Mariage pour tous, PMA et GPAQuel programme ! On nous bassine avec ça depuis trop longtemps à mon goût et ça a pour conséquence une irritation non négligeable de mon système limbique. Régulièrement au JT, on nous informe des rassemblements, Pour, Contre, on voit certains Contre tabasser des femmes, on apprend tout plein de nouveaux slogans homophobes. C'est la Crise, faut bien se défouler. Alors, je vais en remettre une couche, un peu, dans le secret espoir de clore ce débat des plus puants.

     

    Déjà le Mariage, vous savez, cette union sacrée entre un homme et une femme dans le but de procréer et de peupler le monde. Enfin non, le Mariage, le Mariage Républicain, ce contrat dans le but d'organiser son foyer et sa vie commune. En France, aujourd'hui il y a des couples, si si, ça existe encore. Certains sont composés d'une femme et d'un homme, d'autres de deux femmes, d'autres de deux hommes, et je passe sur les situations moins évidentes. Les couples sont composés de citoyens. Ces citoyens travaillent (pour les plus chanceux), paient des impôts, et peuvent même être utiles à la société (du genre récupérer l'arrêt cardiorespiratoire de votre gamin qui aura plongé dans votre piscine pendant le barbecue).
    Il existe des couples punk, disant fuck la société, ne souhaitant pas de fil à la patte et qui ne veulent pas se marier.
    Il y a des couples qui veulent nous innonder de leur amour niais, des pièces montées pleines de crème et pour qui le symbole du Mariage importe beaucoup.
    D'autres couples sont plus pragmatiques, ils pensent aux impôts, au crédit immobilier, à la succession et le Mariage les séduit.

    Lorsqu'on fait partie d'un couple hétérosexuel, c'est simple, on peut faire parti de tous les types de couples. Lorsqu'on crée un couple homosexuel, on a intérêt à être punk. Seul problème, on cumule les tares. Et si en plus on est noir et juif orthodoxe, c'est le pompom. Alors, il y a bien le PaCS. Mais ce dernier n'est pas un "mariage pour homosexuels" d'ailleurs, il séduit plus d'hétéro que d'homo. Il ne revêt pas la symbolique chère aux couples niais et offre moins de protection aux pragmatiques, moyennant plus de souplesse.

    Pourquoi refuser à nos citoyens ce droit à la mièvrerie et au réalisme ? La réponse est alors toute trouvée: "ben... ils sont gays quand même..." La question Pour ou Contre le mariage pour tous peut se transformer en "la société est-elle devenue assez moins homophobe pour mettre sur un pied d'égalité le couple hétéro et le couple homo ?" Sans même parler d'amour, de mariage d'amour etc... Le gay qui sauve votre enfant de la noyade ou qui vous emmerde à choper la chemise que vous convoitez pendant les soldes est-il aussi bien, aussi humain, que vous, hétéro moyen ? Et par extension, son couple vaut-il autant que le vôtre ? C'est bien ça que pose la question du Mariage.

    Je passe sur Madame Boutin, chevalière de la légion d'honneur pour qui le débat ne se pose pas car "un homosexuel a déjà le droit de se marier... avec une personne de l'autre sexe."

     

    Ensuite il y a l'Homoparentalité. Certains Contre se défendent d'être homophobes en disant qu'autoriser le Mariage aux personnes homosexuelles amènerait la peste de l'homoparentalité, à la destruction de la famille et tant qu'on y est à la fin du monde. Je veux bien concevoir que pour des personnes non informées se foutant de ce débat comme de la première chemise à carreaux d'une jeune lesbienne, une famille tip-top c'est un père, une mère, 30 ans de mariage et trois enfants. Encore que... Qu'est-ce que fait de nous un bon parent ? Lire Françoise Dolto ? Coucher avec un mec lorsqu'on est une femme ? Réfléchir sur ce qu'on voudrait transmettre comme principe éducatif ? Qu'est-ce que change l'orientation sexuelle dans la capacité qu'à un être humain à éduquer un enfant ?
    En tant que professionnelle de la périnatalité j'ai bien envie de répondre "pas grand chose" à cette dernière question. J'en vois de belles... des hétéros, des homos... ce qui compte non, ce n'est pas ça. D'ailleurs les familles homoparentales existent depuis..... très très longtemps. Que ce soit pour cause de vie hétéro antérieure ou non. Il existe même des études scientifiques (et ici) qui montrent que les enfants vivant dans une famille homoparentale ne sont pas plus traumatisés que les autres.
    On parle par exemple de l'homme, absent dans un couple lesbien. Comment l'enfant pourrait-il se construire sans vivre avec un adulte homme ? Comment saurait-il ce qu'est un homme ? C'est oublier qu'une famille ne vit pas cloitrée parents/enfants sans aucune fenêtre sur le monde, sans famille élargie et sans environnement au delà du auvent où l'on coupe le bois.

    D'autres arguent le fait que même si un couple homo pour un enfant n'est peut-être pas si pire, autant viser l'excellence. Hum... l'excellence, c'est quoi ? Un homme, une femme. L'homme ramenant l'argent, la femme restant pour éduquer les enfants. Et puis ils auront une sexualité normale, ils feront l'amour le samedi. Missionnaire. Et pour un peu de frivolité Monsieur offrira un canard vibrant à Madame parce que dans la vie faut se lâcher. Vous me trouvez intrusive ? Hors propos ? Pas plus que les pseudo débats portant sur la vie privée des homosexuels... après celle des animaux fallait bien trouver autre chose. Par contre OUI c'est totalement hors propos. Que le couple soit parfait comme mentionné précédemment, sodomite ou échangiste, ça regarde qui ? Vous avez peur qu'ils fassent participer leurs gamins après l'école ?

     

    Après, il y a l'ouverture de la Procréation Médicalement Assistée aux lesbiennes. Aujourd'hui en France ceux qui ont accès à la PMA sont les couples hétérosexuels mariés ou faisant preuvent de deux ans de vie commune. Les deux membres du couple doivent être vivants et consentants.
    La PMA prend en charge le couple et c'est essentiel à comprendre. Ainsi, le patient c'est le couple et non un de ses membres. Par exemple, une femme n'ayant aucun problème physiologique mais mariée à un homme ayant des spermatozoïdes peu mobiles ne se verra pas dire "allez coucher avec quelqu'un d'autre". Bien qu'étant "biologiquement saine" on lui administrera un traitement inducteur de l'ovulation, elle subira tests et examens, jusqu'à l'insémination. La PMA n'est pas ouverte qu'aux couples stériles, mais aussi aux infertiles. C'est à dire que certains ont des problèmes qui diminuent leur chance de concevoir mais qu'ils peuvent quand même fabriquer un bébé tout seul. D'autres encore sont mal assortis (petit problème pour l'un, petit problème pour l'autre qui font que les deux associés ce n'est pas terribles). Et d'autres n'ont aucun souci physique retrouvé mais pourtant... ça ne marche pas. Tout ceux là on les prend en charge du moment que ce soit un homme et une femme.

    Un couple lesbien est stérile de fait. Si on considère que la question de l'homoparentalité n'est pas un problème, pourquoi interdire la PMA ? Parce qu'elles n'avaient qu'à pas être de sales gouines ? Ce n'est pas franchement un choix. Pas plus que celui de ne pas avoir d'ovaires potables ou un compagnon sans gamète.

    Puis, il y a la question du remboursement de ce parcours. L'Assurance Maladie rembourse un nombre limité de tentative pour chaque enfant arrivé au delà de 22SA de gestation. On pourrait avoir peur que la PMA pour les lesbiennes creuse le trou de la SS. C'est alors une question de solidarité nationnale. Est-ce qu'on veut une société bisounours qui aide son prochain, ou est-ce qu'on veut une société libérale où les plus riches ont le plus de choix. Mais cette problématique doit à mon sens être dissociée de la réflexion sur les éligibles à la PMA.

     

    Et puis, il y a la Gestation Pour Autrui, ouvrir la PMA ne voudrait pas dire légaliser la sulfureuse GPA, mais on peut continuer la réflexion. J'avais déjà fait un article là dessus pensant naïvement que les réflexions ci-dessus ne feraient plus vraiment débat en 2012, en France. Je sais, je suis bête parfois. Je le recopie donc ci dessous.

    Mères porteuses. Pour moi ces mots évoquent tout d'abord les téléfilms des années 90/2000. Vous savez, ceux avec les vieux héros de Beverly Hills. On y parle de bébés volés, de jumeaux maléfiques, de folles en quête de gosses à tout prix, et de jeunes filles enceintes abusées par l'argent ou le bigotisme américain. A l'époque en France tout le monde était contre. Mère porteuse c'était le symbole de la décadence américaine. La France réprouvait unanimement au nom de la Morale, la vraie, la tatouée.

    Aujourd'hui on parle de Gestation Pour Autrui (GPA), c'est comme Hotesse de Caisse, c'est plus classe. Et ces mères sont des... gestantes ? Techniquement oui. Une sorte d'utérus à deux pattes. Vu comme celà ce n'est pas très glamour mais, la GPA, est-ce aussi simple qu'une location d'utérus ?

    Le point de vue Féministe ou la dignité de l'être humain

    Pour ou Contre la GPA ? Ce devrait être simple. Si on part du principe que l'Etre Humain est une Personne à part entière qu'on ne peut marchander. Qu'une grossesse ce n'est pas comme une prise de sang, c'est long et comporte des risques, la GPA devrait être interdite. C'est disposer du corps de quelqu'un moyennant salaire. Et je parle là que de l'aspect technique.

    Si on considère en plus que sentimentalement une grossesse ce n'est pas "rien" pour la femme qui héberge son hôte cela devient vraiment glauque. En gros: je te file mes gamètes (les miens où ce que j'ai acheté sur photo dans une banque), toi tu te tapes plein de piqûres, un traitement hormonal lourd jusqu'à ce que ça marche, qu'un embryon arrive à se développer. Ensuite tu vas te tapper toute une grossesse, sentir un truc qui bouge, réagit à ton environnement... Et tu vas accoucher... Accoucher ça aussi ce n'est pas rien. Un accouchement ce doit être un des trucs les plus forts dans un couple. La "gestante" accouche d'un enfant et zoup elle le refile en échange quelques billets... d'ailleurs, combien ça peut valoir tout ça ?

    Il y a déjà des jeunes femmes qui vendent leurs ovules pour payer leurs études (en Espagne par exemple c'est la mode), la GPA va plus loin, on vend le packaging conception/gestation/expulsion. C'est alors, profiter de la misère de certaines ?

    Alors là oui, Pour ou Contre la GPA c'est simple. On dit CONTRE ! La GPA c'est le Mal ! Mais, si on enlève l'argent de l'équation ?

    Le point de vue Humaniste ou le don contre l'injustice 

    Certaines femmes ne peuvent porter d'enfants, certains couples ne comprennent même pas de femmes pour porter des enfants. L'adoption en France n'est plus une solution viable. Il y a très peu d'enfants adoptables en France et se tourner vers l'étranger revient cher... et puis là aussi éthiquement il y aurait à débattre dans le genre "prendre les enfants des miséreux qui ne peuvent les élever au lieu de combattre la misère". Mais, ce n'est pas le sujet.

    Alors, certaines femmes pourraient se dire: ptain A et Z ont trop pas d'chance dans la vie, moi je le porterais bien leur gosse. Cette vision de la GPA la rapprocherait plus de don tel qu'il est en France aujourd'hui: un acte gratuit fait pour aider son prochain nécessiteux.

    Cette "gestante" le ferait non pas par obligation ou par appat du gain, mais tout simplement par ce qu'elle a envie, et qu'elle croit que ce qu'elle fait est juste. Bien sûr ça restreindrait énormément les offres mais face au prix de la dignitié humaine ? Alors, pourquoi pas une GPA encadrée... La femme ne serait pas payée mais indemnisée en fonction de sa perte salariale. Cela ferait de l'enfant à naître non plus une marchandise mais et attention je vais être niaise: un produit de l'amour. Celui du couple, mais aussi de cette femme envers ce qu'elle croit être juste. Un peu plus glam' la GPA non ? Voir ici l'audition d'E. Badinter.

    Et je sens que je vais conclure...

    par le fait que de toute façon faire l'autruche ne servira à rien. Aujourd'hui en voyageant tout est possible et une législation en phase avec notre société ne pourra que redorer un peu le blason bien terne d'un hémicycle frileux. Mais bon de toute façon je suis hors-sujet. Je parle de GPA en ayant bien évidemment en tête les couples gays français alors que nous n'en sommes même pas à l'adoption. On estime à 200 000 les enfants élevés dans des familles homoparentales, autant d'enfants qui n'ont qu'un parent légal, et deux parents de faits. On préfère les laisser dans une situation juridique instable au nom de la fameuse Morale du début... plus que tatouée elle doit être un peu percée.

     

    Enfin, Mariage, PMA, GPA, je pense que la plupart des gens se contrefichent de ce débat qui ne changera pas leur quotidien. Il y a juste les farouches opposants qui ont trouvé de quoi s'occuper et les premiers concernés dont certains espèrent beaucoup et pour qui la vie pourrait être plus facile, voir plus belle. Qui sont les personnes faisant face à ce genre de problématiques ? Ca ne courent pas forcément les rues et même l'expérimentée 10lunes se fait avoir. Alors, j'ai envie de dire aux Frigide addicts, laissez-nous tranquilles et à François, montre un peu que t'as des couilles parce que la vraie question n'est pas Pour ou Contre, mais plutôt C'est pour quand ? 

     


    34 commentaires