• Etre étudiant infirmier, je suppose que c’est pas pire qu’ailleurs. C’est même plutôt sympa parce qu’on fait tout plein de trucs ! On alterne les cours et les stages, et on est toujours content de retrouver l’un et l’autre (l’un c’est limite les vacances, et l’autre c’est « ouaiiiii y va yavoir de l’action, je vais sauver le monde »).

    Après notre joli concours qui n’a pas grand-chose à voir avec ce qui ce passe dans la formation, on est partis pour 3 ans et demi.

    La première année on est sensés apprendre le travail de l’aide soignante (qui est en fait notre rôle propre), c'est-à-dire les soins d’hygiène principalement. Puis on est tout heureux quand on nous permet enfin de toucher une seringue, on ameute tout le quartier le soir de sa première intramusculaire, de sa première prise de sang… C’est mignon tout plein, nous sommes des étudiants jeunes et dynamiques!

    La deuxième année, on commence à être doucement fatigué mais on continue avec entrain. En stage on est un peu entre 2 eaux, soit considéré comme un première année qu'on ne peut absolument pas laisser seul, soit comme sachant tout faire et débrouille toi.

     

    La troisième année, on est franchement crevé et on est un bébé infirmier. Comme si au bout de 2 ans d’études on était sensés savoir gérer un service ! Pourtant c'est ce que la plupart des gens croient malheureusement. Et puis, oh les partiels! Oh les MSP! Oh le travail de fin d'études! Bonheur!

    Tout le long on découvre plein de choses, notamment qu’être infirmière est encore plus intéressant que ce qu’on avait imaginé mais qu’on n’est quand même pas dans le monde des bisounours (oui, on avait imaginé ça aussi)…

    Car on se retrouve confronté aux équipes (adapte toi comme tu peux), aux patients (ah oui… quand même), aux médecins (mais j’existe ou pas ?), aux terribles MSP (treemmmble petite élève), aux partiels (oui bon), aux collègues (radio-poulailler bonsoir), à soi-même, et c’est pas le plus simple à gérer.

    Ma philosophie : Essayer déjà de ne tuer aucun patient. Pour le reste faire de son mieux !

     

    Cela dit, il ne faut pas se faire d’illusions à la Miss France, genre « je serai une infirmière dévouée et formidaaaable, mon but est d’éradiquer toutes les maladies et de tenir la main de tous les mourants » * sourire bright * (sisi j'en ai vu des comme ça!), mais c’est quand même un travail super intéressant et enrichissant. En attendant le titre suprème, on s'adapte aux situations, on prie... Et ça passe bien vite...

     

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  • IDE, pour les intimes...

    Pour vous décrire en quelques mots la profession…

    J’ai envie de dire qu’être infirmière c’est être la fille de toutes les situations.

    L’infirmière (ou l’infirmier, hein, on va pas commencer à être sexiste) a deux rôles principaux : son rôle propre qui consiste principalement à assurer le confort et la surveillance des patients, et son rôle sous prescription médicale, qui regroupe tous les soins infirmiers dits « techniques » pour faire très large.

    En clair c’est la fille en blanc qui fait le pivot entre patient, famille et médecin, qui s’occupe plus ou moins que tout marche comme il faut, qui fait les soins en collaboration avec médecins et aides soignantes.

    Elle peut exercer un peu partout, que ça soit en médecine, chirurgie, psychiatrie, santé publique, pédiatrie… Ce qui en fait une profession très vaste car chaque lieu d’exercice est radicalement différent des autres.

    On peut même se spécialiser si ça nous fait plaisir : infirmier de bloc opératoire, infirmier anesthésiste, puéricultrice, cadre infirmier, infirmier libéral ou infirmier scolaire.

    En ce qui concerne les études, pour le moment ça se passe en 3 ans et demi après un concours constitué d’un écrit et d’un oral (il suffit d’avoir le BAC pour se présenter). L’enseignement alterne à parts égales entre des stages dans les différents types de service et les cours théoriques, à l’IFSI. A la fin, le diplôme est validé avec un mémoire (écrit + soutenance) et une mise en situation professionnelle en service.

    Je disais « pour le moment » parce qu’une réforme est en train de se mettre en place pour l’an prochain. J’en parlerai lorsque j’en saurai plus, on parle d’une refonte totale des études (moins de stages, un mode d’évaluation différent, un mémoire supprimé d’après les rumeurs), qui nous permettra d’avoir un hypothétique BAC+3.

    Pour reprendre une réflexion d’un camarade de promo… Certes, un comptable voit moins la souffrance, la mort, la solitude, la déchéance… qu’un IDE, mais il doit quand même plus s’ennuyer que lui….


    Sites sur les IDE: 
    Infirmiers
    Espace infirmier

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  • Bien qu'inconnue d'à peu près tout le monde, la profession a pourtant de quoi toucher les gens. La plupart d'entre eux entrerons au moins une fois en contact avec les petits êtres roses (ou blancs, ou bleus, ou vert immonde...).Et puis piouf, souvenir parti, échappé, avec l'anesthésiste sauveur, avec l'obstétricien qui a délivré le bébé d'une mort certaine pour un retenage de tête et 200 euros de dépassement d'honoraire, une auxi irritante qu'on a envie de taper très fort...le contact avec la sage-femme s'oubliera ou du moins il restera mais peut-être ailleurs que dans le rationnel, peut-être moins dans son versant "sage-". Au final, on a tous une sage-femme dans le coeur.

    La mienne, pour ceux qui me suivent depuis longtemps et qui ont migré ici j'en ai déjà parlé. Mais, question de quotas, il me faut aussi des articles doux comme des roudoudous, je la sors donc de ma poche ventrale en véritable joker. Ma sage-femme a complètement quitté le monde du rationnel. D'ailleurs si je n'en faisais pas les études et qu'on me demandait ce que fait une sf je répondrais sûrement le visage hébété que je ne sais pas mais que ma mienne c'est la mieux, la plus belle, la plus gentille, la plus intelligente (l'ordre des qualificatifs n'est pas significatif). C'est d'abord celle qui pour la première fois m'a permi d'assister à un accouchement beau à regarder...il faut dire que jusque là je n'avais pas été très "gatée" entre les forceps sur échec de ventouse (dès que j'assiste à des ventouses ou à des versions par manoeuvre externe pour tenter de tourner le bébé la tête en bas, ça ne marche jamais) suivi d'un périnée complet compliqué, blabla blabla. Donc voilà, je vois un accouchement non hémorragique, où l'on ne braque pas tous les phares vers la mère, avec une sf héroïque.
    Mais, avant d'être la sf de mon premier vrai accouchement, c'est également la première sf à m'avoir considérée en tant qu'étudiante avec comme définition "celle à qui on apprend" là ou les autres me voyaient en tant qu'étudiante "la 1ère année à qui on confie le peu de trucs qu'elle sait faire pour pouvoir fumer la clope". D'ailleurs ma sf fume, boit, et se couche tard ce qui rajoute encore plus à sa grandeur, de plus elle n'abandonne jamais ses patientes pour jouir de ses vices.

    Elle m'a donc prise sous sa douce aile qui sent bon et je regrette un peu d'avoir été aussi boulet (ben oui hein, en 1ère année on n'en mène pas large), elle ne me le fera pourtant pas remarquer. Je reste ébahie devant l'attention intelligente qu'elle porte aux femmes (elle n'hesite pas à s'auto sequestrer dans une salle de travail en communiquant par petits mots avec son étudiant parce que la femme est anxieuse...alors que je vous le rappelle, ma sf fume!!! Combien aurait dit à l'étudiant reste avec, je m'occupe des papiers ce qui signifie reste avec je vais fumer et je regarderai le parto...) Donc voilà, pour la première fois je rencontre quelqu'un à qui j'ai envie de ressembler un peu, qui donne l'impression d'être compétent, humain, couillu et c'est terriblement sexy.Car oui, je ne l'ai pas dit au début mais la sf qu'on a dans le coeur est forcément sexy, c'est ça la classe.
    Dans la logique des choses elle me fait donc participer à mon premier accouchement. Je ne comprends absolument pas ce que je fais (ben oui il a fallu attendre un an pour qu'on ai un cours sur l'accouchement à l'école)et après tout ça m'était pas forcément utile que je touche mais qu'importe. Je touche donc sans rien comprendre mais avec elle qui me guidait de ses mains fermes et caoutchouteuses. Je sens sa respiration tout près, je pourrais presque sentir son coeur battre si le mien n'écrasait pas mes cotes. En fait je devine les différents stades du dégagement en fonction du rythme de sa respiration...mais ça je ne le savais pas vraiment encore. Finalement ce qui m'a le plus marqué dans cet accouchement c'est cette sf, ses mains, ses poumons en parfait état de marche, en fait l'effet d'un accouchement sur la sage-femme. On y lisait son attention, son putain faut que je fasse gaffe.
    Ensuite il y a bien évidemment le bébé, c'est drôle quand on voit enfin le visage. C'est nous qui le rencontrons en premier, c'est pas juste. Petit moment de flottement entre pas encore né, mais plus entièrement dans le ventre, j'essaie de m'imaginer s'il faisait cette tête lorsqu'il était encore dans le bain. Puis très vite le reste vient et zoup, on file à la maman (elle l'a voulu elle le garde hehe).
    Ma sf examinera un peu plus tard le bébé dans la salle avec son stétho qui lui donne l'air encore plus intelligent. Aaaaah....ma sage-femme.....

    Mais, comme dans toute relation, il y a une fin. Pour moi elle a coincidé avec celle du stage. Un aurevoir poli. Pour elle je ne suis qu'une simple étudiante avec un gros boulet autour du cou qui ne peut que s'améliorer. Pour moi c'est Dieu, je ne fais pas le poids, je pars comme si de rien était.
    Plus tard, plus aguérie, je suis retournée plusieurs fois dans cet hôpital. La première je n'étais pas au bloc, pas avec elle, mais on se croisait, elle me faisait la bise et je ne vais pas vous faire le coup du waw m'a-t-elle reconnue? Me trouve-t-elle super trop forte? Là bas bcp de gens s'embrassent lorsqu'ils se voient et ça vaut même pour les étudiants (le paradis existe?), je ne vous fais pas le coup....mais j'aime à m'y laisser tenter.
    La deuxième fois j'ai eu un peu l'occasion de retravailler avec elle mais j'ai tout fait pour l'éviter. J'avais peur. Peur de perdre la pure et candide estime que j'ai pour elle...que dis-je l'admiration sans borne, mon culte professionnel. Je me disais que plus forte, j'aurais pu voir ses petits défauts. J'avais également peur de ne pas être à la hauteur. Je ne voulais pas que la sage-femme de mes rêves me voit comme une étudiante de seconde zone et comme je ne me sentais pas d'être la déesse des esf face à elle, j'ai préféré passer mon tour. Lâche que je suis.

    Ainsi, vous aussi avez peut-être une sage-femme coincée dans un bout de votre corps. Peut-être que vous arrivez à la voir comme un être humain normal avec ses qualités, ses défauts...En ce qui me concerne ma sage-femme est parfaite, comme je voudrais être, comme je crois qu'elle est. Et surtout, je n'ai pas envie que cela change.


    *toute ressemblance avec un titre de la collection Harlequin serait purement fortuite.

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  • A notre entrée à l'école on nous accueille chaleureusement en nous ventant l'aspect professionalisant de la formation. Chouette. Trois semaines de cours et de TP intensifs l'hôpital nous ouvre enfin ses portes. Chouette. Auparavant, on aura pris soin de nous donner les saintes feuilles de stage qui devront être remplies puis validées à la fin par le cadre du service.

    Au début on se dit waw c'est bien fait. Il y a une petite case pour marquer nos objectifs et différents items comme Sait se positionner au sein de l'équipe, fait preuve d'initiatives, compétence technique que l'on doit qualifier de très bien, bien, moyen à insuffisant (au tout début on avait même droit aux cases nul et excellent). Alors, encore beau et naïf on croit que tout au long du stage on fournira le meilleur de nous même, que ça se remarquera et que vers la fin du stage infirmières, sages-femmes, se battront pour nous mettre un petit mot. Ah les jeunes...

    En vérité ta feuille, elle fait chier tout le monde et même toi, tu apprendras à la traîner de service en service comme ton pesant crucifix. Le premier jour du stage on nous conseille vivement de prendre rdv avec le cadre pour signer la feuille dans trois semaine... Dans les faits le cadre tu tombes dessus par hasard le troisième jour et quand t'as compris qui il était, trop tard, l'est déjà parti. Pas grave, on verra plus tard. On se concentre sur le stage, oh c'est bien. Une semaine passe, puis l'autre, puis merte ma feuille. Tu commences à sonder un peu autour de toi. T'arrives miraculeusement à ce que quelqu'un se dévoue d'un inspiré ah oui et met quelque chose...mais il faut en avoir d'autres, long long périple ennuyeux.

    Au final, tu te retrouves: soit avec tout plein de très bien, soit avec une alternance de bien, très bien mis au hasard, soit avec des moyens, une appréciation pas terrible. Le tout ne reflétant absolument pas ton stage, sinon c'est pas drole. Il suffit que tu tombes une fois sur une sf avec qui le courant passe super bien, qu'elle soit là en fin de stage et zoup, jackpot. Au contraire, tu tombes sur la peste du coin que personne n'ose critiquer et te voilà avec une feuille pourrie que même les sf qui semblaient contentes s'alignent sur la "chef".
    Ainsi, à un stage j'ai du "remplacer" quelques jours une sf en arrêt avec la cadre qui me chapotait en direct live, personne n'est mort, la chef était contente, puis quand la sf est revenue on n'accrochait pas vraiment et je ne sais pas pourquoi ça me rendait super nulle, elle m'aurait remplie la feuille ca n'aurait pas été brillant. La cadre qui a voulu le faire et là une ribambelle de très bien. L'exemple inverse étant tout à fait valable. Au final, je vaux quoi? Ben chui cro forte pardi!

    Alors, moi maintenant j'accorde une importance toute relative aux évaluations de stage, ce que je veux c'est qu'il y ait marqué "validé". A partir de là on peut mettre ce qu'on veut. Bon, ça fait toujours plaisir d'avoir de bonnes appréciations, mais il ne faut pas non plus tomber en depression si ce n'est pas le cas. Le plus important est de savoir ce qu'on vaut, ce qu'il faut améliorer...et la feuille de stage censée le refléter n'est pas toujours bien utilisée.

     Je passe sur le véritable parcours du combattant pour qu'une fois les appréciations mises, le cadre valide, tamponne et signe. Les cadres sont des gens très occupés et puis la feuille de stage c'est important, ça mérite un entretien personnalisé. Ah les entretiens de fin de stage. Si t'as que des très bien ne t'embarques pas dans des tergiversations brumeuses, oui le stage s'est bien passé, oui le personnel était formidable, oui t'as appris plein de choses, n'oublie pas ton objectif jeune padawan: la signature. Si c'est moyen, défends toi. Pas assez d'initiatives? Oui, ben tu ne te sentais pas à l'aise au début, mais tu t'es efforcé de le travailler tout au long du stage pour arriver à un résultat pas encore parfait mais déjà mieux, mets toi en valeur! Objectif, la signature et la validation.

    La feuille de stage c'est donc le truc qui nous occupe les quelques derniers jours (joie quand la sf avec qui on a tourné quasiment tout le temps vient de partir en vacances), avec l'expérience on débusque le planning des sf, on arrive à devancer les changements de service et les départs en vacances, pour pouvoir ainsi préparer notre stratégie de remplissage de feuille.
    Et puis il y a quand même une certaine probabilité pour que l'évaluation de fin de stage reflète notre talent, pour le meilleur comme pour le pire.


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  • Nous les étudiants, nous nous soutenons face à l'adversité (comprendre les monstrueuses sf diplômées dont leur froideur légendaire n'ont d'égal que leur beauté polaire). Mais parfois, l'ennemi se cache subreptissement dans nos rangs. On les repère facilement, eux par contre continuent de se croire tout à fait normaux.
    Je ne vais pas semer polémique, ni me faire lyncher sur la place publique (je prefère cuir et fouet mais c'est une autre histoire), ainsi je déclare aimer tout le monde, surtout les étudiants sages-femmes, et si on pouvait tous se tenir la main le monde irait mieux.
    Cette petite mise au point établie je vais pouvoir grassement jeter mon fiel fourbe et vindicatif.

    L'esf affreux peut te sembler d'abord sympa, puis lorsque vers la fin de ton stage en salle de naissance tu remarques que t'as fait 3 accouchements, 23 IMG, 436544 consultations aux urgences et lui 34653 accouchements, 2 consultations aux urgences, 1 IMG (mais c'est parce qu'il avait mal lu le tableau), tu commences à te poser des questions. Puis quand tu finis péniblement les pleins pour ta dernière garde et qu'il débarque en te disant "ya une multi qui descend des grossesses à complète, t'inquiète je m'en occupe", tu peux alors être pris d'un rire nerveux et incoercible du premier trimestre de formation. Ensuite on s'y fait et on apprend à contourner.

    Mais bon, parfois dans le feu de l'action, le stress...je peux comprendre qu'on puisse être "imposant", voir même "étouffant" pour l'esf qui partage le stage avec nous. Ce que je ne comprends pas ce sont ceux qui quittent le vestiaire sans nous attendre pour arriver en stage au même endroit que nous mais avec trois heures d'avance. Une fois je finissais tranquilou ma nuit au bloc, je vois une esf qui débarque seule (alors que d'hab ils sont trèèèès nombreux) un très bon quart d'heure en avance pour se choisir les "meilleurs" patientes. La sf est comme moi étonnée et lui dit ah tiens t'es toute seule aujourd'hui? elle lui répond que non, il y a d'autres esf qui se changent et vont arriver. La sf de la nuit lui dit alors un truc du genre ah ben attend-les pour prendre la relève d'ailleurs la relève n'était même pas là.
    Je ne trouve pas ça poli de ne pas attendre les keupins, dire que moi je les attends même quand ils sont en retard de quelques minutes parce qu'arriver à deux 5 minutes en retard ça a plus de chance de passer inaperçu que de se pointer seul avec la sf qui demande "vous z'êtes pas deux d'hab?"


    Alors moi quand je serai
    grande et diplômée, j'aurai légalement le droit de terroriser mes étudiants, je pourrais répondre à l'esf venant 24h en avance pour se réserver les patientes anh coooool, tu peux aller faire les pleins. Ou même mieux, aaaaaaanh va donc faire les peremptions du chariot d'urgence. Je jubilerai.


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