• Initialement, les résultats de l'ECN devaient être communiqués le 20 juillet. Comme tous les ans, on savait qu'ils seraient publiés avant cette date, les paris allaient bon train, le vendredi 10 tenant la corde.

    Mercredi, je fais mon tour quotidien sur un forum d'étudiants en médecine. Et dans la discussion sur les résultats, je vois que de plus en plus de personnes ont des infos disant que les résultats sortiraient dans l'après-midi. La pression monte. J'essaie de faire celle qui ne s'en préoccupe pas, je quitte le forum et vaque à d'autres occupations.

    Mais je ne peux m'empêcher de retourner régulièrement sur cette discussion. Jusqu'au moment où le couperet tombe : "les résultats sont affichés". L'affichage est différent dans chaque fac, la mienne est parmi les dernières à les afficher mais je ne le sais pas. Jusqu'à ce que ma coloc sorte de sa chambre et m'informe qu'elle va voir les résultats à la fac et me demande si je veux l'accompagner. Et là je suis lâche, je lui dis que non, que j'aimerais bien qu'elle m'envoie mon classement par sms.

    Le fameux message arrive... je n'ose pas l'ouvrir... on m'encourage... je le fais... je suis soulagée. Ce n'est pas forcément un résultat formidable, mais il est bien suffisant pour avoir ce que je voulais. C'est bien là l'essentiel.

    5 commentaires
  • Je n'étais pas encore née qu'il était déjà chef de ce service. Il est reconnu par ses pairs (il a été président du collège national des enseignants de neurologie). Il reste la référence dans les cas difficiles. Il connaît tous les autres chefs de service, et ceux-ci le lui rendent bien.

    Cela faisait des années qu'il n'était plus passé dans le service. Il a senti que quelque chose n'allait pas bien (ou peut-être lui a-t-on soufflé cette idée). Il a alors décidé que le vendredi, il passerait faire la visite.
    LA visite professorale. En deux temps. Réglée comme du papier à musique. A 9h, visite sur dossiers des patients sortis ou décédés dans la semaine. A 10h, visite de tous les patients du service. Il s'attarde sur les cas difficiles, laisse des notes sur un dictaphone, parle aux patients et les écoute.

    Il impressionne. Les patients ne lui refusent aucun examen (ou presque). Les infirmières retrouvent du temps pour assister à la visite. L'externe se remet à porter les dossiers du patient, dans les pochettes kraft de plusieurs kilos qui résument la complexité de l'histoire.

    Il pose des questions. Des tas de questions. Aux patients, pour avancer dans le diagnostic. Aux infirmières, pour savoir comment se passe l'hospitalisation. A la chef de clinique pour savoir quels sont les examens prévus. A l'interne et à l'externe pour tester leurs connaissances.
    Il prend le temps d'enseigner aussi. Aux patients. Aux infirmières. Aux médecins.

    Il met en évidence ce qui ne va pas dans la prise en charge, ce qu'il faudrait améliorer dans l'organisation du service. Il fait des remarques, des reproches.

    Le tout calmement, posément. Et avec un discret sourire.

    1 commentaire
  • Avant de commencer à polluer ce blog, je tenais à remercier Knak' de m'avoir proposé de m'incruster, elle ne sait pas à quoi elle s'expose. Et je tiens à vous avertir que mes apports risquent d'être irréguliers. Voilà pour le préambule.

    Passons maintenant à l'introduction : la présentation des études de médecine. Je tenais à faire un billet à ce sujet parce que j'ai l'impression que peu de gens savent comment ça se passe (en même temps, je les comprends, ça part un peu dans tous les sens).

    Les études se composent d'un tronc commun de 6 ans, puis de l'internat (de 3 à 5 ans en fonction des spécialités). Dans ce tronc commun, il y a d'abord la P1 (par où passent également les dentistes, les sages-femmes et les kinés), puis 5 ans de médecine généraliste et spécialisée. La sixième année est validée par le CSCT (Certificat de Synthèse Clinique et Thérapeutique).
    Deux concours rythment nos études : d'abord, le plus connu, le concours de P1 (pas très constructif, que de l'apprentissage par coeur, de l'écrémage pur et dur pour le fameux numerus clausus). Ensuite, en fin de 6ème année, l'ECN (l'Examen Classant National). Ce concours, tout le monde le réussit, il n'est pas validant. Il permet juste de classer tous les étudiants de 6ème année de toute la France, afin que chacun choisisse sa spécialité et sa ville en fonction de son classement (les premiers font ce qu'ils veulent, les autres prennent ce qui reste).
    Les choix que l'on a sont : médecine générale, spécialités chirurgicales, spécialités médicales, gynéco-obstétrique, gynécologie médicale, pédiatrie, santé publique, médecine du travail, biologie. Les plus demandées sont les spécialités médicales et la pédiatrie ; les plus délaissées médecine générale, santé publique et médecine du travail.

    Au niveau des stages, on a un stage infirmier en début de deuxième année. Puis des stages d'initiation (stages dits de sémiologie) en troisième année. Ensuite, vient l'externat pendant 3 ans : en stage tous les matins (sauf pour les stages à gardes, genre urgences ou SAMU), cours l'après-midi. Après, c'est le grand saut, c'est l'internat, mais je vous en parlerai quand j'y serai.

    Cependant, comme rien n'est simple, il existe de nombreuses variations inter-facs (parce qu'il faut bien se démarquer des autres). Et il devrait exister une grande réforme de la première année pour la rentrée 2010 (même si ça fait plus de 10 ans que j'en entends parler de cette réforme).

    Juste pour vous situer : je suis en fin de 6ème année, j'ai passé l'ECN il y a 3 semaines. En novembre, à moi l'internat (de médecine générale a priori), et ça fait peur...

    8 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique