• 6h18 le réveil retentit pour ma troisième garde, je suis fatiguée et espère pas secrètement que la journée sera calme. Je doute quand même car les deux précédentes étaient vivables. Je m'installe les yeux embués dans la voiture et roule vers l'inconnu. Je passe les portes de la maternité et file vers mon vestiaire. Il est excentré, je l'aime bien, peu de monde l'utilise alors j'ai droit à un casier rien qu'à moi et je peux même y traîner sans honte et lire ma tweet list avant ma garde pour ne pas être trop en avance.

    Puis, je prends l'ascenseur direction... le BLOC. Le bloc ça fait toujours classe dans le genre "ouai je t'appelle dès que je sors du BLOC" ou "désolée je peux pas monter, je suis au BLOC" etc... Le bloc et sa grosse grosse tête. Bref. Je dis bonjour aux quelques gens que je crois sur mon chemin et j'arrive devant le tableau. Hum... toutes les salles sont prises sauf une qu'on essaie de garder pour l'urgence, du genre la patiente qui débarque pile pour accoucher et qu'on n'a pas envie de laisser sur un brancard dans le couloir. Deuxième point, toutes les patientes qui sont là sont en travail, une à dilatation complète et les autres pas prêtes à accoucher tout de suite="embolisation" des salles. J'apprends aussi qu'il y a deux patientes en plus qui "marchent" en attendant une place et la patiente pour l'Interruption Médicale de Grossesse du jour qui patiente dans le service. Joie. Bonheur. Je veux rentrer chez moi. Ah oui et puis il y a quelques déclenchements aussi... on en annulera un, celui pour la pathologie foetale car on sait qu'on ne pourrait le prendre qu'au mieux dans l'après midi et qu'on aimerait que le bébé naisse de jour, avec une équipe complète pour le prendre en charge.

    Sur les patientes dont je m'occuperai ce jour là, il y a deux 2ème pares. Pour les deux, leur premier accouchement était chaotique. Extraction instrumentale pour l'une comme pour l'autre. J'ai bien envie qu'elles gardent un meilleur souvenir de celui là. Un deuxième accouchement, c'est plus facile. Je jongle entre tout le monde. Leur travail avance bien et suis plutôt pessimiste sur mon estimation de la dilatation... ça laisse du temps hein. J'évalue qui je préfèrerais voir accoucher en premier selon les autres patientes, l'activité, le besoin d'assistance de mes collègues... sage-femme c'est toute une organisation.

    Ca fait quelque temps que l'une d'elle est à dilatation complète, je ne sais même plus si je l'avais marqué sur le tableau... peut-être pas, pas envie qu'on me tanne pour la "faire pousser" parce que bon... on veut des salles. De toute façon ce genre de choses ne se fait pas... c'est  juste que la tentation peut parfois se faire sentir. Mais non, ça se fait pas, et on ne m'a jamais embêté avec ça. Donc, finalement on s'installe. Elle commence à pousser. Le bébé avance bien, le périnée est cicatriciel, on devine tout plein de fibrine dessous, lorsqu'il se tend sous la présentation. Deux, trois poussées, la tête n'avance plus sur ce périnée qui ne veut pas s'assouplir, j'ai peur que tout craque alors j'essaie ce que je peux. Je tente un "massage du centre tendineux du périnée" et autres. Je dis à la mère que peut-être il va falloir faire une épisiotomie, on va voir. A la contraction suivante elle re-pousse, la tête progresse enfin, je lâche mes ciseaux et retiens la tête puis sors le petit. La naissance aura pris une dizaine de minutes, sur le périnée seulement quelques points. La patiente est toute heureuse d'avoir pu accoucher "seule", elle me dit aussi que pour son premier, la suture lui avait paru interminable, que c'était difficile. Là, tout sera réglé en quelques minutes. J'examine l'enfant, le re-donnne au couple et plaisante un peu en disant que je les laisse se débrouiller quelque peu, que les autres m'appellent, malheureusement, mais que je reviendrais. Finalement, ils ont tout fait tout seuls, la mise au sein, puis le délicat épisode du papa qui doit habiller son fils. Ils savaient néanmoins qu'ils pouvaient m'appeler si besoin.

    L'autre deuxième pare est aussi à dilatation complète. Elle a de plus en plus peur. J'ai du mal à la rassurer. Elle ne veut pas d'autre extraction, d'une poussée longue et difficile. Le bébé est relativement bas, mais on ne voit pas encore les cheveux. Je fais un test de poussée, il avance, mais ça pourrait être mieux. Je décide d'attendre un peu, je la mobilise, j'augmente un peu l'ocytocine (oui, lorsque je l'ai "récupéré" à la relève, avec une contraction par dix minutes et un col épais, j'ai mis de l'ocytocine afin qu'elle accouche aujourd'hui et par voie basse) puis je continue à jongler. Le mari finit par sonner car "ça pousse de plus en plus". J'examine, hum, c'est bon, on voit les cheveux si on écarte à peine les petites lèvres. Je pars chercher mon aide soignante/auxi de puériculture tout en laissant le bas de la table, pas envie de faire une Port Royal. Je reviens, tourne la tête pour attraper un champ propre , la patiente me dit "ça poooooouuuuusssse", ma collègue me dit "il est lààààààà" je me retourne et vois une tête de bébé sortir. Dans un mouvement de toute beauté je plonge sur le lit pour m'y asseoir, mets des gants (au point où on en est autant faire les choses proprement) et dégage les épaules. Le papa sautille dans un coin, la maman reste un peu étonnée de la facilité de la naissance. On s'installe convenablement pour la délivrance. Je regarde avec inquiétude le périnée, pas d'éraillure, deux points vaginaux pour un bébé d'un poids certain.

    Je me dis que finalement, on ne sert pas à grand chose.

     


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  • Quatre sages-femmes, des univers différents, des expériences multiples, réunis par leur métier et par leur envie de l’écrire.

    Quatre blogueurs qui ont choisi de débuter l’année en jouant.

    La règle : chacun a tracé les grandes lignes d’une situation qu’il avait vécue. Et nous avons ensuite tenté de nous approprier les histoires des autres.

    Vous trouverez donc sur chacun de nos blogs quatre versions – évidemment reconstruites à partir de nos propres expériences - de l’histoire que nous avions proposée. 16 récits !

    A vous de jouer à en retrouver les auteurs respectifs (réponse dans quelques jours).

    Je m’associe à Jimmy, 10lunes et Sophie pour vous souhaiter une excellente année 2013

     

    Texte 1

    J’avais pris cette garde sup’ en Grossesse à Haut Risque. J’étais jeune diplômée et je baillais devant le manque d’activité. C’était calme. L’aide soignante faisait son shopping sur internet pendant que je regardais la pendule en attendant mon prochain soin.
     
    Les minutes s'enchaînent. Il faut dire, c’est calme. Je n’ai rien de vraiment urgent, rien de vraiment flippant. Parfois on a des trucs qui vous gardent éveillés une partie de la nuit, mais pas ce soir.
     
    Minuit. Je me lève, ma collègue ne me regarde même pas. Je prends le dossier, je biffe le largactyl avec une double flèche et je vais enlever la perfusion. Je toque, j’entre, la patiente - la trentaine, début de grossesse, se saisit précipitamment de la télécommande pour couper le son de je ne sais quel truc à l’eau de rose. La chambre est sombre et la télévision représente la seule source de lumière.
     
    Dans l’obscurité je travaille sur son poignet et je retire enfin ce fil. Je me retourne vers la patiente pour lui annoncer qu’elle est tranquille pour la nuit, quand je vois qu’elle a l’air très gênée. Pendant que je m’affairai, l’histoire à l’eau de rose sur NRJ12 a pas mal changé. Un couple, un homme et une femme sont affairés sur un escabeau. Et il ne s’agit pas de repeindre le plafond.

     

    Texte 2

    Ma nuit est bien avancée. Je n’aime pas trop être de garde en Grossesses à Haut Risque, trop imprévisible. Toute seule à gérer des grosses pathologies c’est lourd.

    Là ça s’est calmé. Je dois aller voir une patiente qui vomissait (une vomisseuse comme certains les appellent élégamment), pour débrancher sa perfusion de Largactil qui doit être terminée. J’entre dans la chambre, elle s’est endormie, finalement, avec son haricot plein à côté de l’oreiller. Super.

    Sa télé est restée allumée, le son presque éteint. Dans la pénombre je mets un bouchon à sa tubulure de perfusion sans y prêter attention, mais au son même léger, mais très reconnaissable je finis par lever les yeux vers l’écran au mur.

    Non mais je rêve, c’est l’heure du film érotique d’NRJ12. Et pile au moment « intéressant » quoi. Et hétéro, évidemment, hein. Je sors de la chambre, avec sa poche de perfusion vide, et en éteignant sa télévision en passant. Pas autant la nausée qu’elle mais pas loin quand-même.

     

    Texte 3

     Madame Vomito était hospitalisée pour vomissements incoercibles. Un truc vraiment pas rigolo qui te gâche tout le premier trimestre de ta grossesse. Pour Madame Vomito, c’était sa grossesse entière. Pas moins d’une douzaine d’hospitalisations pour ce motif jusqu’à son accouchement. En plus, madame Vomito et sa famille n’étaient pas très sympathiques… Elle répondait rarement à nos bonjour et son regard transpirait une sorte de mépris. Peut-être nous faisait-elle payer notre incapacité à la soulager ? Bref. Une nuit, Madame Vomito était revenue.

    A 23h, je remarque que ça fait quelque temps qu’elle n’a pas sonné. Elle doit s’être endormie. Seulement la pompe dispensant son traitement va bientôt sonner. Je décide donc de faire une incursion maintenant dans sa chambre afin d'éviter que le bruit de la machine la réveille.Toc toc, je rentre. La télé est allumée sur une chaîne de la TNT, deux corps nus s’enlacent… et gémissent. Madame Vomito s’était endormie et son émission faisait maintenant place à un film pour le moins suggestif. Intérieurement, je ris.

    Elle se réveille. Enfin… juste assez pour remarquer la situation. D’un geste précis elle éteint la télévision et fait mine de se rendormir aussitôt. Pompe éteinte je tourne les talons et repars hilare vers mon bureau.


    Texte 4

    Le sol lustré du couloir luit sous la lumière blafarde. C’est l’heure où le service commence à s’assoupir. Aucun pleur de nouveau-né pour troubler le silence. Dans cette aile des "grossesses à risque", les petits sont encore au creux du ventre maternel.
    La dernière tournée des chambres est faite, le film du dimanche est terminé, les lumières filtrant sous les portes se sont éteintes. Il est minuit passé.
    De temps en temps une sonnette résonne dans la salle de soin. Le moins occupé ou le moins fatigué y répond.
    La cafetière tourne à plein. Les tasses se vident, accompagnées de quelques biscuits censés fournir l’énergie nécessaire à la veille. Pas question de compter sur le piteux plateau repas concocté par l’hôpital, soupe insipide, haricots verts- jambon et yaourt. Fadeur rituelle.

    C’est le moment d’aller retirer la perfusion de la dernière entrée, hospitalisée pour vomissements incoercibles alors qu’elle débute sa grossesse. Les médicaments semblent lui apporter le soulagement attendu.
    Je frappe doucement à la porte. Le bruit étouffé de la télévision me rassure, je ne vais pas la réveiller.
    Elle me salue à peine, rivée à l’écran fixé en haut du mur. Je lève les yeux, histoire d’échanger quelque banalité sur l’émission en cours. Pas de bol, l’émission en cours est un film érotique, du genre où tout est suggéré à coup de mouvements stéréotypés et bande-son évocatrice. J’aurais dû deviner rien qu’à l’oreille.

    -Je viens enlever votre perfusion.

    Elle m’abandonne son bras sans prononcer un mot. Je débranche la tubulure, retire le cathéter. Compresse, antiseptique, pansement ; elle n’aura pas un regard vers moi.
    Je bafouille un "bonne nuit" et la laisse à sa solitude hantée.

     

     

     

     

     

     

    -------------------------------- ATTENTION les réponses suivent -------------------------------

     

    Chers amis, merci de votre participation ici ou chez vous. Voici donc les réponses:

    Texte1 : Merci à Jimmy !
    Texte 2: Merci à Sophie !
    Texte 3: C'est moi !
    Texte 4: Merci à 10 lunes !

     

     


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  • C'était il y a fort fort lontemps, dans un pays très très lointain... Enfin... j'étais étudiante en dernière année, et j'étais en stage à PresqueMontagne (copyright SophieSageFemme) en hiver. L' hôpital de PresqueMontagne m'avait gracieusement offert le gîte, une maison à quelques kilomètres de la maternité, autrefois pas mal mais qui tombait en décrépitude. Je la partageais avec mes compagnons fantômes de galère que je ne voyais jamais. Mon planning, Jour-Nuit-Repos-Repos Jour-Nuit. Pour ne pas me pendre avec le premier fil électrique venu, je rentrais chez moi le plus souvent possible, parfois même après le premier Jour de la série, ça me permettait de voir mon presque Docteur.

    Et puis, comme c'était l'hiver, la neige fût annoncée. La neige à PresqueMontagne, banal, mais aussi ChezMoi, plus rare. Puis, beaucoup, beaucoup de neige. Du genre à faire tellement paniquer les gens de ChezMoi pour qu'ils pensent camper à l'hôpital afin d'assurer leur service. Moi j'avais le gîte à PresqueMontagne, je n'étais pas loin de la maternité, en roulant doucement sur des routes pseudo-déneigées, même sans aucun équipement, ça pouvait passer. Juste, penser à ne pas garer la voiture devant la maison, après l'énorme pente glissante que je ne pourrais jamais gravir une fois la neige tombée.

    La version sage était donc d'aller le soir à PresqueMontagne, la veille de mon jour de garde, avant qu'il neige. Ainsi je m'évitais la route sous le blizzard ChezMoi-PresqueMontagneLaMaternité. Seulement... ça me faisait passer une nuit seule là bas, au loin... alors j'ai préféré passer la soirée avec mon presque Docteur que déjà, je ne voyais qu'épisodiquement. Je me disais que, si par hasard, le lendemain il neigeait vraiment beaucoup, je ne tenterais pas le diable.

    A 5h du matin (oui j'avais prévu large), sonnerie du réveil. Coup d'oeil dehors, la nuit, pas vraiment de neige, banco, j'y vais ! 6h, je passe le péage de l'autoroute, quelques flocons. Passent quelques mètres et là, tempête de neige. Quasiment personne sur la route sauf moi et des chasses-neige qui vont... dans l'autre sens. De temps en temps je croise parfois des voitures sur la bande d'arrêt d'urgences et des traces de pneus qui vont vers les glissères de sécurité. Rassurant. Je roule alors prudemment, ne pas freiner que je me répète, des fois j'atteins des camions qui m'ouvrent la route. Un peu moite je vois un panneau "aire de Machin, 20km" Arrivée à ce stade il me restera moins de la moitié du chemin, j'aviserai à ce moment là. L'aire passe, toujours pas d'accident, je roule à 60-70km sur l'autouroute, je trouve un bon rythme, je décide de m'aventurer jusqu'à mon stage et fais abstraction des traces amenant vers le petit fossé.

    7h30, je suis à l'heure. Les gens sont un peu surpris de me voir sachant que je viens de ChezMoi, d'autres sages-femmes faisant également la route ne sont pas arrivées. La garde commence, plutôt chargée. Des  femmes accouchent et la sage-femme de salle cherche à me faire râter tous les accouchements en préférant m'envoyer faire des consultations pile au moment de la poussée. Je suis passablement énervée. L'équipe est bizarre. Le boulot est naze et j'aurais presque l'impression d'être en trop. Tout ça pour ça. Bref, la garde se termine tout de même, elle ne m'a servi à rien sauf qu'elle est validée.

    Je retourne à mon gîte, je dois me garer loin pour éviter la pente. Je marche, j'ai de la neige jusque au genou, en jean et en basket. J'arrive finalement. Je regarde la télé 30cm dans un clic-clac qui a perdu ses lattes. Le lendemain je fais la nuit.

    La nuit se passe mieux. Toutes les sages-femmes qui viennent de ChezMoi regardent le site de Météo France, alerte Orange. Elle se demandent si elles rentreront le matin. Je m'en fout, j'annonce que quoi qu'il arrive moi JE rentre et que si elles hésitent elle peuvent toujours prendre place à bord. Finalement, la garde finie, je rentre seule, les autres co-voiturent. La neige a laissé place au verglas, le plus dur est d'arriver à l'autouroute. Puis, tout roule.

    Des fois je repense à cet hiver. La neige c'est bô .


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  • Certains l'ont peut-être déjà remarqué, nous approchons des fêtes de fin d'année, à savoir Noël et Nouvel An. Contrairement à ma moitié, j'aime bien Noël et ce pour plusieurs raisons. Déjà, un gros monsieur en rouge qui nous offre des cadeaux c'est plutôt sympa. Ensuite manger et boire plein de bonnes choses sans avoir honte c'est plutôt délicieux, et ensuite ça sent bon le sapin.

    Noël pourrait me faire écrire un article très cynique, je pourrais parler de la faim dans le monde, des enfants qui fabriquent nos jouets, et de ces pauvres petits grains de raisin pressés pour notre unique bonheur. Mais bon... J'ai quelque chose qui vous cloue le bec à tous, je travaille à Noël, le 24, le 25, et puis même le 26 tiens. Comme pour la précédente, la magie de Noël ne passera pas par moi cette année. Alors oui, un repas de service est organisé et pour tout dire, je trouve ça un peu glauque de fêter Noël vite fait entre deux hémorragies avec des gens que tu n'aurais jamais invité devant une volaille farcie chez toi. Mais bon... ça se fait.

    Vous pouvez alors me rétorquer, oui mais toi à Noël, tu donnes la Vie ! Ah-ah. Je ne perds pas espoir un jour de vraiment intégrer mon Docteur aux joies des guirlandes, des épines et du papier qui fait brrrshhh brrrrshhh. Et sur twitter, tous ces gens confectionnant leurs bredele me foutraient presque les boules. Chez nous il fait même pas froid.

    Alors, j'ai choisi Nouvel An, Nouvel An parce que c'est la seule fête qu'on est presque sures de pouvoir avoir à deux. Nouvel An parce que ça ne m'oblige pas à l'intégrer à ma famille, et que ça ne m'oblige pas à m'intégrer à sa famille. Nouvel An parce qu'ainsi on fait ce qu'on veut. Mais quand même, ce n'est pas tout à fait pareil.  Pas si associales que ça, on a opté pour un Réveillon du 31 avec des autres gens que nous, mais pas trop. On arrive par le train le 31, et on repart le 1er. Il y aura surement plus de personnes inconnues que connues.

    Tout ça pour dire, si vous l'aviez loupé, les fêtes de fin d'année arrivent.

    J'espère vraiment beaucoup tout plein échapper au cynisme de l'obstétrique. J'ai tout  bien fait pour. Un joli article. Toussa. Allez quoi.


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  • C'est son deuxième enfant. Pour le premier elle avait accouché avec des forceps pour "défaut de progression" d'un enfant de 3500g. Pour cette grossesse on lui a dit qu'il serait gros, plus gros. Alors forcément, ce n'est pas "vendeur". On se dit que pour la voie basse spontannée, sans instrument, ce n'est pas gagné. Ca m'ennuie. En discutant avec elle, elle me dit que son premier accouchement a duré longtemps, qu'elle était fatigué. Bon.

    Elle arrive à dilatation complète, on attend le maximum puis vient le moment la naissance. J'appelle une aide-soignante, c'est Rosalie. Je l'aime bien Rosalie. J'avais travaillé avec elle dans les services. Du coup, je me permets de faire des blagues et dis à la patiente qu'on n'a pas trop de chance, qu'on a Rosalie mais qu'on va essayer de faire avec. Elle se détend.

    Pendant la poussée je vois la cicatrice de son ancienne épisiotomie qui bombe, elle n'est pas très jolie. Et puis le bébé est estimé gros. J'ai peur que ça craque et fasse un truc pas joli. Mais c'est une deuxième pare... et j'ai envie que ce deuxième accouchemnet soit cool. Le rythme cardiaque du bébé est bon, je ne fais rien. On l'encourage. La présentation avance, la cicatrice bombe, la tête a l'air plutôt costaud. Je la sors doucement, milimètre par milimètre. Puis les épaules viennent, avec du sang, puis le corps. Voilà. Elle l'a sorti toute seule. C'est chouette. Je regarde d'où vient ce sang, une déchirure antérieure, minimime, deux points au dessus du méat urinaire suffiront.

    Son deuxième enfant n'est finalement pas si gros. 3500g, comme le premier. Et puis elle est heureuse. Elle a dit à Rosalie qu'elle était contente de son accouchement.

    Comme quoi, des fois, ça se passe bien.


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