• Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette.... Ahem... Pourtant il est question d'amour et de haine. C'est peut être moins pire.

     

    Vous ne pouvez pas le louper, depuis quelques mois on nous assène une actualité trépidante, celle du Mariage Pour Tous. Une loi consensuelle passée sans heurt dans de nombreux pays qui malheureusement ont vu leur nom rayé de la carte pour cause d'Apocalypse homosexuelle. Cette loi est importante pour un petit nombre de français, donnera un statut juridique à des dizaines de miliers d'enfants vivant dans des familles homosexuelles, et pour l'immense majorité de la population, cela ne changera rien. Rien, pourtant on nous martèle cette actualité. On nous impose ce débat rempli de vide. Ce débat insultant.

    Les "anti" volent à un tel niveau que j'en ai honte pour eux, honte de l'image qu'ils donnent de la France. Et à côté, il y a toute les personnes non hétéro s'en prenant plein la gueule depuis des mois. Une accumulation d'insultes. On leur rabache qu'à eux seuls ils vont détruire le pays, la famille, qu'ils veulent le mal de leur progéniture, et qu'on les aime bien tant qu'ils ferment leur gueule et ne demandent rien. Le climat se détériore tellement qu'on brandit la violence comme moyen d'empêcher ces odieux êtres non hétéro de nuire. Si je vivais au Moyen-Age, cela ne me choquerait sans doute pas... Mais si on est entrain de vivre un grande reconstitution historique, pourquoi se contenter des simples non hétéro ? Incluons les roux ! Ces gens sont les représentants de Satan. Même combat ! Et s'il y en a qui s'offusquent de juger quelqu'un sur sa couleur de cheveux, je lui réplique que le juger sur son orientation sexuelle l'est tout autant.

    Les agressions physiques envers les homosexuels se médiatisent (je n'oserai pas dire qu'elles se multiplient, c'était un fait déjà acquis), l'homophobie se décomplexe. Et à cette responsable lilloise de la Manif' Pour Tous qualifiant l'agression dans un bar homosexuel en marge de sa manifestation, d'initiative citoyenne (*), j'ai envie de lui répondre qu'on n'a pas la même définition d'un acte citoyen.

    Donc l'orientation sexuelle est quelque chose de bien dérisoire. Ca ne change pas grand chose à quelqu'un. On s'en fiche autant que la couleur de ses poils. C'est vraiment du même niveau. Ca ne modifie pas une personnalité et si on me lance "oh ben si, gay c'est tout une culture, y'a une communauté blablabla" Ué... tout autant qu'il y a une communauté hétérosexuelle. La "communauté homosexuelle" est une invention regroupant un certain nombre d'individus dont certains vont effectivement être homosexuels, d'autres friendly d'autres, d'autres... Ils sont nombreux, très nombreux les homo hors milieu pensant que leur orientation ne les définit pas assez pour être caser dans une "communauté" pour ce seul fait.

    L'orientation sexuelle, on peut le dire, c'est d'la merde. L'hétérocentrisme aussi tient. Ca me gonfle totalement qu'on suppose que tout le monde est de fait hétéro. Et, parce qu'effectivement j'ai eu des histoires amoureuses avec des personnes dotées de seins on me colle directement l'étiquette homosexuelle. Des fois je corrige, des fois, fatiguée, non. Je ne me considère PAS DU TOUT lesbienne, pas plus que je suis hétéro. Dire que je suis bisexuelle serait également abuser le dictionnaire si bien que je n'ai PAS DU TOUT envie de répondre à ces questions. L'amour, la sexualité, c'est tellement mouvant, rigolo, futile parfois, amusant et passionnant, pourquoi faudrait-il le rationnaliser pour le mettre dans des cases ? C'est tellement trop triste. Tellement trop triste de dire à 18 ans "ué je suis hétéro et basta". On n'en sait rien. Etre humain c'est déjà bien. Eprouver des choses c'est déjà quelque chose. Ca se suffit. Après ce n'est que mon avis... loin d'être majoritaire.

    Alors donc, cette fameuse orientation sexuelle est au centre de toutes les haines. Et, un "'j'aime les gays" est aussi débile que "j'aime les hétéro" et pourtant... Comme si les gays étaient une seule et même personne. Le gay c'est celui qui va sortir de l'hélicopter du SAMU pour soigner ton infarctus et celui qui va t'emmerder au guichet de la SNCF. Enfin. Bref. Hein ?

    Je pense alors à tous ces gens qu'on traine dans la boue, à tous ces enfants vivants sans soucis jusque là à qui on dit que leur famille n'est pas un vraie, qu'ils n'ont pas le droit d'avoir la même protection qu'une famille hétéroparentale. Je pense à ces jeunes qui découvrent la sexualité, et que se prennent l'Apocalypse en plein face. Ca me peine. A la limite, moi je suis grande et n'espérait pas grand chose des gens. On soulève en ce moment un gros tas de fumier et tout ça gratuitement, pour le plaisir de faire du mal sous prétexte de sauver la France du Moyen-Age. Les jeunes "anti-" trop contents d'avoir enfin trouvé un peu d'action, un but à leur vie pépère, les vieux réac heureux de pouvoir enfin crier leur haine qu'on leur avait demandé de taire... Tant d'énergie gâchée.

    Bientôt la loi sera définitivement votée. Les violences se tasseront peut-être, ou peut-être que je viendrais ici raconter mon agression. Je ne sais même plus. Et puis, il y aura la loi sur la Famille, le débat sur la PMA et ça recommencera.

    Je pensais pourtant qu'on n'était pas loin. Qu'après cette avancée législative on pourrait sereinement revendiquer le droit à l'indifférence. Mais non. On reste encore et toujours au droit d'exister, d'être respecté et traité d'égal à égal. L'indifférence j'aimerais tant.

     

     (*) cf JT de 13h sur France 2 du 18/04/13

     

    Les copains autour du sujet:
    Thatou
    Chatboudin
    Dr Kalee


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  • La premère fois que j'ai eu affaire à la gendarmerie nationale, ce fut à l'hôpital.

    23h, le téléphone sonne, ils vont venir pour qu'on effectue un examen sur une jeune femme portant plainte pour viol. Le gynécologue réquisitionné arrive, ouvre la salle de consultation, on les reçoit. Sur la réquisition, ça ne colle pas. Les gendarmes se sont trompés sur la date. Le malaise est palpable. Ca finit en "on va la refaire et on vous la fera passer dans la matinée".


    On fait rentrer la patiente, elle ne parle pas beaucoup. Le médecin demande si elle a des traces de coups, des hématomes. Ce n'est pas très concluant. Après, il effectue les prélèvements vaginaux. Et moi, je fais la prise de sang pour les différentes sérologies. L'ambiance est plutôt lourde. Et puis, quand tout se termine, je demande tout de même en lui montrant les étiquettes servant à identifier les prélèvements: "Vous vous appelez bien Mademoiselle Azerty Qwerty ?" Elle me répond que oui. Sauf que ça s'écrit Azerti Quiquerty... Gros blanc. On reprend les papiers des gendarmes. On voit le nom et le Azerty Qwerty partout, et même, une erreur dans la date de naissance. Ils sont gênés, le médecin s'il n'avait pas trop tiqué sur la date de la réquisition, commence un peu à s'énerver. Ils ont fallis foutre en l'air tous les prélèvements...

    Alors oui c'était la nuit, leur motivation n'était pas des plus vive... mais zut quoi.

    Je ne me suis plus jamais retrouvée dans une telle situation par la suite mais ça m'a bien vacciné à le pas lire, vérifier et relire ce qu'on me met sous le nez. Même si la personnes en face est censée être un tout puissant défenseur de la loi. Parce que certe, l'erreur est humaine, mais quand même...


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  • Les étrangers. Ils arrivent en France, sans le sous, et on les héberge, on les nourrit sans contre partie. En face, il y a le français, blanc, pauvre et pour lui, que dalle.

    C'est un postulat qu'on entend en débutant une conversation dans tous les bons bars PMU qui se respectent. Ou en repas de famille. Ou en salle de pause. Ou... Ou... Et je ne vaux surement pas mieux. Je suis la première à pester devant les laveurs de pare-brise à l'oeil supplicant.

     

    Madame Focon de Neige et  sa famille ont récemment mis les pieds sur le sol français. Elle même, une fillette de 4-5 ans, une femme enceinte, un homme, et une grand-mère. Madame Focon de Neige vient d'accoucher. Pas d'Aide Médicale d'Etat de droit commun possible pour elle car elle vient de l'Union Européenne (donc en situation régulière) et ça ne fait pas trois mois qu'elle vit en France. Son séjour à l'hôpital est donc payant. La blague. Elle est contente d'avoir un toit pour la nuit. Et cerise pour le gâteau, un accompagnant majeur peut même rester avec elle. Elle choisit la femme enceinte. Avant, ils étaient logés en herbergement d'urgence par le 115. C'est l'hiver, il fait froid, il y a plus de places qu'à l'accoutumée mais parfois ça ne suffit pas.

    Vers 16h elle me demande le téléphone pour appeler et trouver un endroit où les autres pourront dormir. Elle fait le 115. Ne parlant pas vraiment français la conversation est difficile. Elle dit juste son nom de famille, apparemment les personnes à l'autre bout du fil connaissent la situation de cette famille. Elle comprend qu'elle doit rappeler à 19h, lorsque les lits seront débloqués.
    A 19h, je redonne le téléphone, elle ne comprend pas vraiment, je prends le relais. Pas de place pour ce soir, ils ne sont pas prioritaires... elle a une chambre à l'hôpital. Il faut rappeler demain.

    Demain à 16h je rappelle. Toutes les lignes sont occupées. Au bout d'un temps certains j'arrive à avoir quelqu'un. On me dit que je n'ai pas à appeler, qu'il faut que ce soit la personne concernée "Oui mais elle ne parle pas français" "Ah... Bon.". Ils me disent qu'ils connaissent la situation délicate de cette famille, qu'ils inscrivent le nom, qu'il faudra rappeler à 19h au cas où, mais que le nombre de places n'est pas en adéquation avec le nombre de demandes. A 19h je rappelle, mes collègues me disent que ce n'est pas à moi d'appeler. "Oui mais elle ne parle pas français."  "Ah... Bon". Pas de place, il faut retenter demain.

    Durant trois jours j'appellerais de nombreuses fois le 115. A 16h et à 19h. Et... ce n'est vraiment pas évident de les joindre du premier coup. A chaque fois ils n'auront pas de place.

    Alors, la famille s'organise. Tout le monde quitte la chambre au plus tard le soir, et arrive au plus tôt le matin. La grand-mère et la fillette squattent la salle d'attente des urgences gynécologiques la nuit. L'homme, on ne sait pas.

     

    Les équipes du 115 font surement tout ce qu'elles peuvent avec les moyens dont elles disposent.

    Mais... ceux qui pourraient être tentés de croire que les étrangers sans le sous sont de gros assistés vivant comme des rois, allez-y, appelez le 115 pour voir. Essayer d'avoir quelqu'un au bout du fil pou esperer peut-être avoir un lit de camp dans un gymnase parce que c'est l'hiver. C'est une expérience intéressante.


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  • Chez moi, j'apprécie vivre dans le luxe. Le luxe de ne pas avoir à prendre de décision "Pizza ou Burger ce soir ?" Oh.... 'sais pas... Et puis surtout, le luxe de pouvoir abandonner. Lorsque je n'arrive pas à ouvrir le pot de cornichons je peux laisser tomber dès les premières secondes, ne pas me fatiguer et le donner à mon docteur l'oeil supplicant. En quelques secondes je peux ainsi me délecter d'un délicieux légume sans avoir subi de vilaines choses du genre, une rougeur de la main.

    A la maternité, c'est différent. Si pour certains gestes on peut facilement passer la main Allo uiiiiiii ? La madame, j'arrive pas à la perfuser.... Pour d'autres, on n'a pas vraiment le choix, on doit continuer, ne pas abandonner et peut-être même, réussir. Ses situations sont relativement rares à l'hôpital où on a des collègues plus ou moins expérimentés, mais existent tout de même. Ainsi, je me rappelle d'une bonne grosse difficulté aux épaules lors d'un accouchement. La tête sort sans encombre majeur puis vient le moment des épaules. Je sens l'épaule antérieure au toucher, elle est engagée dans le bassin, ce n'est pas une dystocie, mais elle ne vient pas facilement pour autant. Je demande à la maman de pousser, mes collègues la mettent en position adéquate (Mc Roberts pour les connaisseurs, avec même un poing sus-pubien) mais je transpire sous le masque. Ce moment me parait interminable, en réalité il a peut-être duré une minute, je sais pas... et c'est déjà long pour le dégagement des épaules, mais on m'aurait dit dix, j'aurais trouvé ça probable. Donc voilà, la maman pousse, j'abaisse la tête rien ne vient, elle pousse encore, j'abaisse encore, je me dis bon sang, je commence une traction douce dans l'axe sacro-coccygien, ça avance d'un milimètre. J'ai chaud, j'ai l'impression de pas y arriver et là, j'ai grave envie de passer le pot de cornichons à ma voisine. Je regarde la patiente, mes collègues, ils n'ont pas l'air dans ce trip, alors je me dit que non... l'abandon n'est pas une option et je dois sortir autre chose que la tête... On continue donc, je re-tire douchement mais fermement, j'ai peur de l'élongation du plexus brachial, mais je reste dans le bon axe, l'épaule antérieure est bien engagée et de toute façon, il faut que le bébé sorte maintenant. Alors, milimètre par milimètre ça avance et l'enfant finit par naître. Je demande à ma collègue de le prendre rapidement et de l'examiner car la naissance fut un brin chaotique. Je file vite la retrouver, il va bien, pas de plexus brachial, et il retourne auprès de sa mère.

    Ces situations sont rares mais font d'autant plus apprécier le confort d'un chez-soi douillet. Alors oui, des fois je peux être pénible à ne pas vouloir m'engager, à passer la main, botter en touche, mais c'est un petit plaisir que je m'accorde et que je sais apprécier parce qu'ailleurs, dans ma vie professionnelle de moi vêtue d'un pyjama, je n'y ai pas droit.


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  • Mariage pour tous, PMA et GPAQuel programme ! On nous bassine avec ça depuis trop longtemps à mon goût et ça a pour conséquence une irritation non négligeable de mon système limbique. Régulièrement au JT, on nous informe des rassemblements, Pour, Contre, on voit certains Contre tabasser des femmes, on apprend tout plein de nouveaux slogans homophobes. C'est la Crise, faut bien se défouler. Alors, je vais en remettre une couche, un peu, dans le secret espoir de clore ce débat des plus puants.

     

    Déjà le Mariage, vous savez, cette union sacrée entre un homme et une femme dans le but de procréer et de peupler le monde. Enfin non, le Mariage, le Mariage Républicain, ce contrat dans le but d'organiser son foyer et sa vie commune. En France, aujourd'hui il y a des couples, si si, ça existe encore. Certains sont composés d'une femme et d'un homme, d'autres de deux femmes, d'autres de deux hommes, et je passe sur les situations moins évidentes. Les couples sont composés de citoyens. Ces citoyens travaillent (pour les plus chanceux), paient des impôts, et peuvent même être utiles à la société (du genre récupérer l'arrêt cardiorespiratoire de votre gamin qui aura plongé dans votre piscine pendant le barbecue).
    Il existe des couples punk, disant fuck la société, ne souhaitant pas de fil à la patte et qui ne veulent pas se marier.
    Il y a des couples qui veulent nous innonder de leur amour niais, des pièces montées pleines de crème et pour qui le symbole du Mariage importe beaucoup.
    D'autres couples sont plus pragmatiques, ils pensent aux impôts, au crédit immobilier, à la succession et le Mariage les séduit.

    Lorsqu'on fait partie d'un couple hétérosexuel, c'est simple, on peut faire parti de tous les types de couples. Lorsqu'on crée un couple homosexuel, on a intérêt à être punk. Seul problème, on cumule les tares. Et si en plus on est noir et juif orthodoxe, c'est le pompom. Alors, il y a bien le PaCS. Mais ce dernier n'est pas un "mariage pour homosexuels" d'ailleurs, il séduit plus d'hétéro que d'homo. Il ne revêt pas la symbolique chère aux couples niais et offre moins de protection aux pragmatiques, moyennant plus de souplesse.

    Pourquoi refuser à nos citoyens ce droit à la mièvrerie et au réalisme ? La réponse est alors toute trouvée: "ben... ils sont gays quand même..." La question Pour ou Contre le mariage pour tous peut se transformer en "la société est-elle devenue assez moins homophobe pour mettre sur un pied d'égalité le couple hétéro et le couple homo ?" Sans même parler d'amour, de mariage d'amour etc... Le gay qui sauve votre enfant de la noyade ou qui vous emmerde à choper la chemise que vous convoitez pendant les soldes est-il aussi bien, aussi humain, que vous, hétéro moyen ? Et par extension, son couple vaut-il autant que le vôtre ? C'est bien ça que pose la question du Mariage.

    Je passe sur Madame Boutin, chevalière de la légion d'honneur pour qui le débat ne se pose pas car "un homosexuel a déjà le droit de se marier... avec une personne de l'autre sexe."

     

    Ensuite il y a l'Homoparentalité. Certains Contre se défendent d'être homophobes en disant qu'autoriser le Mariage aux personnes homosexuelles amènerait la peste de l'homoparentalité, à la destruction de la famille et tant qu'on y est à la fin du monde. Je veux bien concevoir que pour des personnes non informées se foutant de ce débat comme de la première chemise à carreaux d'une jeune lesbienne, une famille tip-top c'est un père, une mère, 30 ans de mariage et trois enfants. Encore que... Qu'est-ce que fait de nous un bon parent ? Lire Françoise Dolto ? Coucher avec un mec lorsqu'on est une femme ? Réfléchir sur ce qu'on voudrait transmettre comme principe éducatif ? Qu'est-ce que change l'orientation sexuelle dans la capacité qu'à un être humain à éduquer un enfant ?
    En tant que professionnelle de la périnatalité j'ai bien envie de répondre "pas grand chose" à cette dernière question. J'en vois de belles... des hétéros, des homos... ce qui compte non, ce n'est pas ça. D'ailleurs les familles homoparentales existent depuis..... très très longtemps. Que ce soit pour cause de vie hétéro antérieure ou non. Il existe même des études scientifiques (et ici) qui montrent que les enfants vivant dans une famille homoparentale ne sont pas plus traumatisés que les autres.
    On parle par exemple de l'homme, absent dans un couple lesbien. Comment l'enfant pourrait-il se construire sans vivre avec un adulte homme ? Comment saurait-il ce qu'est un homme ? C'est oublier qu'une famille ne vit pas cloitrée parents/enfants sans aucune fenêtre sur le monde, sans famille élargie et sans environnement au delà du auvent où l'on coupe le bois.

    D'autres arguent le fait que même si un couple homo pour un enfant n'est peut-être pas si pire, autant viser l'excellence. Hum... l'excellence, c'est quoi ? Un homme, une femme. L'homme ramenant l'argent, la femme restant pour éduquer les enfants. Et puis ils auront une sexualité normale, ils feront l'amour le samedi. Missionnaire. Et pour un peu de frivolité Monsieur offrira un canard vibrant à Madame parce que dans la vie faut se lâcher. Vous me trouvez intrusive ? Hors propos ? Pas plus que les pseudo débats portant sur la vie privée des homosexuels... après celle des animaux fallait bien trouver autre chose. Par contre OUI c'est totalement hors propos. Que le couple soit parfait comme mentionné précédemment, sodomite ou échangiste, ça regarde qui ? Vous avez peur qu'ils fassent participer leurs gamins après l'école ?

     

    Après, il y a l'ouverture de la Procréation Médicalement Assistée aux lesbiennes. Aujourd'hui en France ceux qui ont accès à la PMA sont les couples hétérosexuels mariés ou faisant preuvent de deux ans de vie commune. Les deux membres du couple doivent être vivants et consentants.
    La PMA prend en charge le couple et c'est essentiel à comprendre. Ainsi, le patient c'est le couple et non un de ses membres. Par exemple, une femme n'ayant aucun problème physiologique mais mariée à un homme ayant des spermatozoïdes peu mobiles ne se verra pas dire "allez coucher avec quelqu'un d'autre". Bien qu'étant "biologiquement saine" on lui administrera un traitement inducteur de l'ovulation, elle subira tests et examens, jusqu'à l'insémination. La PMA n'est pas ouverte qu'aux couples stériles, mais aussi aux infertiles. C'est à dire que certains ont des problèmes qui diminuent leur chance de concevoir mais qu'ils peuvent quand même fabriquer un bébé tout seul. D'autres encore sont mal assortis (petit problème pour l'un, petit problème pour l'autre qui font que les deux associés ce n'est pas terribles). Et d'autres n'ont aucun souci physique retrouvé mais pourtant... ça ne marche pas. Tout ceux là on les prend en charge du moment que ce soit un homme et une femme.

    Un couple lesbien est stérile de fait. Si on considère que la question de l'homoparentalité n'est pas un problème, pourquoi interdire la PMA ? Parce qu'elles n'avaient qu'à pas être de sales gouines ? Ce n'est pas franchement un choix. Pas plus que celui de ne pas avoir d'ovaires potables ou un compagnon sans gamète.

    Puis, il y a la question du remboursement de ce parcours. L'Assurance Maladie rembourse un nombre limité de tentative pour chaque enfant arrivé au delà de 22SA de gestation. On pourrait avoir peur que la PMA pour les lesbiennes creuse le trou de la SS. C'est alors une question de solidarité nationnale. Est-ce qu'on veut une société bisounours qui aide son prochain, ou est-ce qu'on veut une société libérale où les plus riches ont le plus de choix. Mais cette problématique doit à mon sens être dissociée de la réflexion sur les éligibles à la PMA.

     

    Et puis, il y a la Gestation Pour Autrui, ouvrir la PMA ne voudrait pas dire légaliser la sulfureuse GPA, mais on peut continuer la réflexion. J'avais déjà fait un article là dessus pensant naïvement que les réflexions ci-dessus ne feraient plus vraiment débat en 2012, en France. Je sais, je suis bête parfois. Je le recopie donc ci dessous.

    Mères porteuses. Pour moi ces mots évoquent tout d'abord les téléfilms des années 90/2000. Vous savez, ceux avec les vieux héros de Beverly Hills. On y parle de bébés volés, de jumeaux maléfiques, de folles en quête de gosses à tout prix, et de jeunes filles enceintes abusées par l'argent ou le bigotisme américain. A l'époque en France tout le monde était contre. Mère porteuse c'était le symbole de la décadence américaine. La France réprouvait unanimement au nom de la Morale, la vraie, la tatouée.

    Aujourd'hui on parle de Gestation Pour Autrui (GPA), c'est comme Hotesse de Caisse, c'est plus classe. Et ces mères sont des... gestantes ? Techniquement oui. Une sorte d'utérus à deux pattes. Vu comme celà ce n'est pas très glamour mais, la GPA, est-ce aussi simple qu'une location d'utérus ?

    Le point de vue Féministe ou la dignité de l'être humain

    Pour ou Contre la GPA ? Ce devrait être simple. Si on part du principe que l'Etre Humain est une Personne à part entière qu'on ne peut marchander. Qu'une grossesse ce n'est pas comme une prise de sang, c'est long et comporte des risques, la GPA devrait être interdite. C'est disposer du corps de quelqu'un moyennant salaire. Et je parle là que de l'aspect technique.

    Si on considère en plus que sentimentalement une grossesse ce n'est pas "rien" pour la femme qui héberge son hôte cela devient vraiment glauque. En gros: je te file mes gamètes (les miens où ce que j'ai acheté sur photo dans une banque), toi tu te tapes plein de piqûres, un traitement hormonal lourd jusqu'à ce que ça marche, qu'un embryon arrive à se développer. Ensuite tu vas te tapper toute une grossesse, sentir un truc qui bouge, réagit à ton environnement... Et tu vas accoucher... Accoucher ça aussi ce n'est pas rien. Un accouchement ce doit être un des trucs les plus forts dans un couple. La "gestante" accouche d'un enfant et zoup elle le refile en échange quelques billets... d'ailleurs, combien ça peut valoir tout ça ?

    Il y a déjà des jeunes femmes qui vendent leurs ovules pour payer leurs études (en Espagne par exemple c'est la mode), la GPA va plus loin, on vend le packaging conception/gestation/expulsion. C'est alors, profiter de la misère de certaines ?

    Alors là oui, Pour ou Contre la GPA c'est simple. On dit CONTRE ! La GPA c'est le Mal ! Mais, si on enlève l'argent de l'équation ?

    Le point de vue Humaniste ou le don contre l'injustice 

    Certaines femmes ne peuvent porter d'enfants, certains couples ne comprennent même pas de femmes pour porter des enfants. L'adoption en France n'est plus une solution viable. Il y a très peu d'enfants adoptables en France et se tourner vers l'étranger revient cher... et puis là aussi éthiquement il y aurait à débattre dans le genre "prendre les enfants des miséreux qui ne peuvent les élever au lieu de combattre la misère". Mais, ce n'est pas le sujet.

    Alors, certaines femmes pourraient se dire: ptain A et Z ont trop pas d'chance dans la vie, moi je le porterais bien leur gosse. Cette vision de la GPA la rapprocherait plus de don tel qu'il est en France aujourd'hui: un acte gratuit fait pour aider son prochain nécessiteux.

    Cette "gestante" le ferait non pas par obligation ou par appat du gain, mais tout simplement par ce qu'elle a envie, et qu'elle croit que ce qu'elle fait est juste. Bien sûr ça restreindrait énormément les offres mais face au prix de la dignitié humaine ? Alors, pourquoi pas une GPA encadrée... La femme ne serait pas payée mais indemnisée en fonction de sa perte salariale. Cela ferait de l'enfant à naître non plus une marchandise mais et attention je vais être niaise: un produit de l'amour. Celui du couple, mais aussi de cette femme envers ce qu'elle croit être juste. Un peu plus glam' la GPA non ? Voir ici l'audition d'E. Badinter.

    Et je sens que je vais conclure...

    par le fait que de toute façon faire l'autruche ne servira à rien. Aujourd'hui en voyageant tout est possible et une législation en phase avec notre société ne pourra que redorer un peu le blason bien terne d'un hémicycle frileux. Mais bon de toute façon je suis hors-sujet. Je parle de GPA en ayant bien évidemment en tête les couples gays français alors que nous n'en sommes même pas à l'adoption. On estime à 200 000 les enfants élevés dans des familles homoparentales, autant d'enfants qui n'ont qu'un parent légal, et deux parents de faits. On préfère les laisser dans une situation juridique instable au nom de la fameuse Morale du début... plus que tatouée elle doit être un peu percée.

     

    Enfin, Mariage, PMA, GPA, je pense que la plupart des gens se contrefichent de ce débat qui ne changera pas leur quotidien. Il y a juste les farouches opposants qui ont trouvé de quoi s'occuper et les premiers concernés dont certains espèrent beaucoup et pour qui la vie pourrait être plus facile, voir plus belle. Qui sont les personnes faisant face à ce genre de problématiques ? Ca ne courent pas forcément les rues et même l'expérimentée 10lunes se fait avoir. Alors, j'ai envie de dire aux Frigide addicts, laissez-nous tranquilles et à François, montre un peu que t'as des couilles parce que la vraie question n'est pas Pour ou Contre, mais plutôt C'est pour quand ? 

     


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