• Histoire de mon entrée à l'école

    Lorsqu'on rentre à l'école on nous demande pourquoi on a choisi ce métier...enfin non, on ne nous le demande pas, ce serait trop long à expliquer et puis surtout le sait on vraiment? On aime par contre nous expliquer qu'il y a une raison à toute chose, que nous avons choisi sage-femme pour une raison mais qu'en réalité il y en a une autre cachée au fond de nous.
    Ouai.
    Moi j'ai toujours été fan du corps, pas en tant que mécanique, ça c'est ce que fait l'Homme en tentant de l'imiter, mais en tant qu'ensemble qui communique et s'adapte à lui même. On pouvait donc me laisser des heures devant un livre rempli de monsieurs tout nu, sans vêtements, puis sans peau, et sans muscles. Ca m'interessait quand même moins que les histoires de globules. Qui n'a pas été marqué par la fameuse carte HLA que le vaillant capitaine macrophage demande aux leucocytes voyous dans Il Etait Une Fois La Vie? Ils l'ont leur carte HLA, le capitaine ne peut rien faire d'autre Lque de les laisser ostéolyser le squelette, cancer du sang oblige.
    C'est donc naturellement que je me suis inscrite en fac de médecine, pas vraiment pour être médecin (quoique, hémato ou endocrino m'aurait ptete plus), mais plutôt pour pouvoir continuer d'être au contact de ce qui m'interessait. De plus, je voulais un métier où j'avais l'impression de servir à quelque chose, dont je puisse être fière. Je me suis alors retrouvée face à un vaste programme dont je vomissais une partie (santé publique, thermodynamique...) mais qui me permettait de recevoir des cours de qualité dans d'autres domaines plus rigolo (certaines partie de biologie cellulaire s'il ne fallait pas tout connaitre dans le moindre détail, la biologie du développement et ses "cascades hormonales" -oui la plupart des gens détestent les cascades hormonales, que ce soit au niveau thalamique, placentaire, surrénalien...moi j'adore-, la pharmacologie intelligente -c'est à dire avoir une idée de comment les molécules fonctionnent et pas apprendre simplement maladie>DCI>nom commercial- et plein d'autres surprises).


    Pleine de joie, je me suis magistralement vautrée la première année. Ben oui, j'apprenais pour le plaisir et ce que j'aimais pas... j'apprenais quand même, mais pas comme il faut. D'ailleurs je n'apprenais rien comme il fallait. La deuxième année, j'ai eu peur de faire ça pour rien (oui la P1 c'est quand même usant...euphémisme...), de ne pas pouvoir continuer à m'amuser, et accessoirement de me retrouver sdf, au chômage, à 50% fac 50% Mc Do puis finalement 100% Mc Do. J'ai donc étudié comme un bison des steppes, ce que j'aimais, ce que j'aimais pas, tout ce que je pouvais supporter. La deuxième fois c'est encore meilleur, la méthodologie étant acquise on peut pleinement se concentrer à l'apprentissage de données. C'est ça le véritable avantage du doublant.
    Les résultats du concours blanc m'ont déçus, ceux du premiers quad également, arrivait le deuxième quadrimestre, le plus difficile mais pour moi peut-être le plus interessant. J'ai donc continué avec la frousse de me faire virer à jamais des études médicales, ce qui m'était même pas envisageable.
    Parallèlement à celà je me renseignais sur les différentes options si je suis reçue naturellement, médecine me paraissais le choix le plus logique pour continuer dans ce que je voulais savoir. Il me fallait cependant un métier où je puisse être autonome, indépendante, avec un certain pouvoir décisionnel. (on ne se refait pas). J'écartais bien vite l'odontologie, le fonctionnement de la bouche m'ayant toujours très peu passionnée, et la kinésithérapie (trop mécanique, trop tactile), vint alors le métier de sage-femme qui pour moi se résumait à une nana rose criant bébééééééééééé. On sait que ce n'est pas (que) ça. Pour résumer très brièvement on pourait dire que sf c'est comme médecin sauf qu'au lieu de soigner, on veille à ce qu'il n'y ai pas besoin de soigner.

    Le jour des résultats je fus soulagée, presque étonnée de voir mon nom sur la liste. Il me fallait alors faire mes choix, par ordre de préférence. Tétue et sachant que de toute façon je ne l'aurais pas (finalement à 24 places près), j'inscris Médecine. Puis j'écarte un avenir fait de $$, de temps partiel et de couronnes pour mettre Sage-femme. Je ne prends pas dentaire car au départ je n'étais pas du tout venue chercher ça, après deux ans difficiles on pourrait être tenté de finir ses vieux jours riche et célèbre mais je savais que dans l'immédiat j'allais être déçue. Je mets donc dentaire en troisième sachant que j'aurais s-f mais on sait jamais, je veux quand même un métier!! Puis kiné mais là vraiment c'est pour être sur de pouvoir manger un jour.

    Le résultat, vous le connaissez, je rentre à l'école et de fait dans le monde du travail. Je suis heureuse de pouvoir toucher à nombreux domaines intéressants (obstétrique, gynéco, anesth, pédiatrie...). Décue de ne pas avoir les conditions d'enseignements d'une faculté. Les internes ils sont gentils hein, leurs cours peuvent être chouettes...mais ce sont quand même pas des prof d'université ( et certains prof sont cro forts). J'aimerais également plus de cours faits par des sages-femmes (c'est quand même le nom de l'école quoi). On quitte en partie le monde étudiant et on se retrouve à avoir quelques responsabilité dont celle de faire attention à ne tuer personne. La P1 c'était dur, mais l'école l'est pour moi encore plus dans un tout autre style. Niveau cours c'est clairement plus simple, niveau application des dits cours, rythme de stage+cours+mémoire+dormir+vie ben c'est tendu. Le P1 n'a qu'une chose à faire, apprendre. L'étudiant sage-femme doit se créer son identité professionel et acquérir les éléments nécessaires à l'expression de cette identité...et puis il n'a plus le droit de jouer à divers processus syntaxiques avec ses professeurs.

    Ceci dit, j'arrive plus ou moins à faire ce que je veux, comme je le veux.  Je sais qu'une fois diplômée je pourrais voguer vers différents horizons, le métier étant vaste, ça me rassure. La grossesse est une situation particulière assez fantastique et les femmes enceintes sont de petits êtres attachiants. On me demande souvent où je voudrais travailler une fois grande: je n'en sais rien. Quelque part où on me laissera utiliser pleinement mes compétences sans avoir un organigramme hierachique psychorigide. De toute façon, c'est loin, je ne suis encore qu'une petite étudiante qui essaie de s'amuser au mieux pour tout le monde.


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    naruta17
    Mardi 17 Février 2009 à 18:49
    y a comme des restes de P1 par ici.
    félicitations en tout cas pe ton parcours logique, j'espère que ce métier t'apportera ce que tu cherches en tt k!

    2
    Knackie Profil de Knackie
    Mercredi 18 Février 2009 à 15:45
    Merci.
    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    3
    naruta17
    Mercredi 18 Février 2009 à 15:46
    c chouette! une amabilité
    ton processus de sociabilisation est en marche...
    4
    Knackie Profil de Knackie
    Mercredi 18 Février 2009 à 16:13
    Mdr!! Genre chui pas aimable
    5
    Mercredi 18 Février 2009 à 20:49
    et te voilà ici....c'est vrai que l'horizon est large en tant que SF, je suis certaine que bientôt, une fois le diplôme en poche, tu seras épanouie....
    6
    Knackie Profil de Knackie
    Mercredi 18 Février 2009 à 22:39
    Genre chui pas épanouie
    Quelle réputation mes bonnes dames
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :