• Baiser politique

    Baiser, dans le sens avoir un rapport sexuel. Je n’aime pas vraiment ce terme, trop connoté dans mon imaginaire, trop unilatéral aussi. Nous préfèrerons donc quelque chose de plus neutre, sexer.

    Politique, dans un sens large, ce qui touche à l’organisation d’une société, d’un groupe d’individus, et même de la place de l'individu dans le dit groupe.

     

    Le sexe dirige le monde, le sexe dirige l’Homme, le sexe dirige la politique. Point. Mon article est terminé.

    Mais j’aimerais quand même vous parler de situations que je ne comprends pas, que je ne peux pas comprendre, défaut de fabrication cérébrale ? Boarf.
    Je ne saurais pas vous dire pourquoi mais dans mon idée le sexe est quelque chose d’à part, à préserver, une des seules choses un peu belles et apaisantes dans la vie avec la nourriture. De fait pour moi, rien n’est moche dedans tant qu’il y a consentement et que ce consentement soit valable, « éclairé ». Je ne sais pas d’où me vient cette doctrine personnelle mais j’ai longtemps cru que c’était une évidence et que tout le monde pensait comme moi.

    Et puis, je me suis mise à interagir avec la société, à l’hôpital notamment. En gériatrie long séjour j’ai fait la connaissance de Mme Loiret qui me reprenait toujours « mademoiselle Loiret » et me racontait son histoire, sans cesse. Jeune fille elle était amoureuse d’un homme.  « Un amour platonique vous comprenez, parce que ma mère m’avait bien dit que les hommes étaient dangereux ». C’était son histoire d’Amour, la seule et l’unique celle qui lui importait. Ils se voyaient souvent, elle devait sourire en coin, avoir cette espèce de nuée de papillons dans le ventre mais elle n’avait jamais rien fait parce que bon… ça ne se faisait pas trop. Ils n’étaient pas mariés, les hommes c’est dangereux hein, sa mère devait aussi faire barrage.
    Son histoire me rendait tellement triste et ça a tellement dû la marquer pour que 60 ans après elle en parle d’une seule traite à la seule évocation du « Madame ». Cette femme a raté quelque chose de Bien, d’exceptionnel parce que…. CA NE SE FAIT PAS, bordel.

    Et moi, petite étudiante d’une vingtaine d’années, j’étais celle qui avait couché pas mariée, le premier soir, et avec une fille en plus. Parce que j’en avais envie et que rien n’aurait pu me faire regretter cela. Parce que j’étais bien. Ca aurait fait hurler ma mère,  ça bouleversait peut-être des Codes dont je n’imaginais même pas l’existence, mais personne n’a rien à en dire. Sexer n’est surement pas un acte politique. C’est surement la chose qui devrait être la moins politique au monde.

     

    Et puis, plus récemment, j’ai appris l’existence d’une théorie : la domination patriarcale dans le sexe. Voir   et puis
    Je n’ai pas pour ambition de vous faire une jolie note avec plein de références et de choses intelligentes. Ce n’est pas mon objectif. D’ailleurs, ce blog je le veux subjectif et spontané. Mais à la lecture de ce genre de choses, un cri profond m’est venu : MAIS NON, PAS LE SEXE ! On peut dire ce qu’on veut de la société, oui elle est sexiste, raciste, homophobe, hétéropatriarcale… mais…ne me gâchez pas une des seules choses qui me fait aimer vivre la vie.
    Je ne conçois pas l’acte sexuel sans consentement, déjà dit, sans confiance non plus et Dieu sait que je ne l’accorde pas si facilement, mais, si tous ces capteurs sont verts pourquoi réfléchir à la dimension politique du sexe et en l’occurrence, de la pénétration ? (prix de la phrase la plus longue, yiha !)
    Une femme aimant la pénétration est sous le joug de la domination patriarcale ? Et même si en fait elle est grave consentante ce n’est que parce qu’on l'a embrigadé dès sa plus tendre enfance ? Mais… What The Fuck ? Quoi La Baise ? On ne peut pas tout simplement prendre plaisir au sexe, quel qu’il soit ? Pourquoi nous bourrer le mou avec ça ? Bourrons-nous autre chose.

     

    Et puis @Gadiouka en a remis une bonne couche avec son article sur la bisexualité. On le savait déjà tous mais elle a le mérite de le dire et bien. Ben ouais, un mec bisexuel c’est quand même un peu un pédé quoi, et si en plus cet ersatz de gay se fait pénétrer, ce n’est plus vraiment un homme quoi. Il devient un dominé.

     

    C’est tellement fatiguant.

    Et vous pouvez certainement dire que tout me fatigue dans ce monde mais quand même.

    Ce genre de choses, de jugements, de clichés, de pensées préétablies font des Mme Loiret partout à travers le monde et si moi j’ai réussi par je ne sais quel miracle à passer à travers, je suis triste pour ces personnes.

    Et à vous, je peux vous le dire. Je vous en veux beaucoup. Non, la vie intime des autres n’est ni sale, ni mauvaise, ni risible, ni pitoyable, ni inappropriée tant qu’elle répond au seul consentement chez des personnes étant en moyen de le donner sans artifice. C’est d’une évidence tellement évidente… tellement évidente que j’en fais ainsi un article à moindre coût. Parce qu’en plus d’être une méchante sage-femme, je suis d’une odieuse flemmardise.


  • Commentaires

    1
    Faustina
    Mardi 1er Octobre 2013 à 18:04

    Bonjour, première fois que j'écris un commentaire chez vous ;)

    Je vais faire au plus court. Je fais des études archéologique et ethnologique. Le sexe est, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent ("oh mon dieu, il est gay, c'est contre-nature... !") , non naturel mais uniquement culturel. Faisant parti de la culture, il ne peut être dissocié du jugement culturel de chacun, dans son propre groupe ou en dehors, malheureusement... Même cette recherche de l'indépendance, de l'appropriation par chacun de sa sexualité intîme - et intîme dans le sens non public ' est quelque chose d'assez récent et purement culturel.

    Je pense sincèrement que le sexe étant un principe culturel si tabou actuellement qu'il transcende même le seul acte physique, le sexe ne pourra jamais être dissocié du jugement extérieur et des "ça ne se fait pas", même pour un consentement mutuel ET éclairé. C'est impossible dans nos sociétés actuelles. Combien de gens en souffrent, par le regard des autres ou par leur propre regard, je ne veux même pas le savoir...

     

    Voilà, c'est la première fois que j'émets un avis sur un blog, je ne veux pas lancer de débats ni rien, je n'ai juste pas résisté :p

    Et je suis d'accord, la vie intîme, tant qu'elle est libre et bien vécue, ne devrait relever que des personnes concernées.

    2
    Mardi 1er Octobre 2013 à 18:34

    Bienvenue.

    Je dirais que le sexe a une composante naturelle ET culturelle... je veux dire par là que l'Homme n'a pas inventé le rapport sexuel, après qu'il le "customise" ok.

    3
    Mardi 1er Octobre 2013 à 22:37

    Par hasard, quelque chose, ce je ne sais quoi de hasard ou de prédestination, m'emmène ici...

    Suis contente d'être passée, ce petit billet sonne tout doux à mes oreilles.

    Merci !

    4
    Finlandaise1
    Mercredi 2 Octobre 2013 à 23:47

     

    Bonsoir Knackie,

     Je pense qu’il y a un petit malentendu. Je suis linguiste, et ce que je vois de politique, notamment dans le premier article, c’est le vocabulaire. C’est loin d’être anodin. En effet, pourquoi avons-nous l’habitude de parler de « pénétration » plutôt que d’ « engloutissement », comme nous propose le texte ? Intéressant…  Parce que nos langues vivantes actuelles se sont développées dans un certain contexte culturel, et dans la vision patriarcale habituelle, c’est quand même plutôt l’homme qui agit pendant le rapport (verbe -> objet). Très souvent, il y a aussi l’idée du sexe de la femme comme un simple tube, ou gaine (d’ailleur le mot « vagin » et le mot « gaine » viennent de la même racine ! et oui, il y a des langues qui sont plus sexistes que d’autres quand même), qui ne fait rien, et dont le rôle est seulement d’accueillir ou de faire passer passivement ce qu’il faut. Alors que (tu le sais certainement mieux que moi !), le sexe de la femme est un ensemble de muscles et de tissus. En réalité, la femme peut jouer un rôle très très actif dans un rapport (hétéro)sexuel. Maintenant, si quelqu’un veut parler d’ »engloutissement » plutôt que de « pénétration », ça marque une prise de position. (Pour la petite précision, je ne suis pas favorable pour imposer de force un langage « politiquement correct », c’est juste intéressant d’y réfléchir). D’ailleurs il serait intéressant de faire de la lexicologie comparée (dans le langage courant comme dans la littérature), pour voir quels mots on emploie dans les différentes langues pour parler de la chose 

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    5
    Jeudi 3 Octobre 2013 à 03:24

    (Ouch, le 2e article en lien ><)

    Merci Knackie. Il me semble très juste ton post :)

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