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Par Knackie dans Le coin de Knackie le 21 Juin 2012 à 17:51
Attention, article décousu
Sur le net on parle d'accouchement "nature", avec le moins de technique possible, le moins de fils, toussa toussa. Ma salle c'est tout l'inverse. Je suis la méchante sage-femme, ne l'oubliez pas. Je travaille assise au bureau à surveiller les rythmes de mes patientes sur l'écran répétiteur et, toutes les heures, je viens solennellement étudier la dilatation du col*. Beaucoup de femmes semblent apprécier. Les péridurales sont bien dosées hein, elles ont pas mal... voir un peu bloc-motorisées. Elles n'en viennent pas à me dire "anh c'est génial, j'ai rien senti" mais on en serait presque là. Je suis souvent obligée d'utiliser les étriers pour tenir les jambes, plutôt handicapant, je ne sais pas me servir de ces machins. Mais bon, beaucoup de femmes semble apprécier. Après tout, lorsqu'elles s'inscrivent, elles savent à quoi s'en tenir ?
Je suis une sage-femme de bloc, de bloc patho, technique, la plus forte du monde. C'était un peu l'esprit de l'endroit. Un peu moins maintenant. Ca fait partie du jeu. Mon trip ce n'est pourtant pas les prématurés avec toute l'équipe de garde derrière toi qui attend mais voilà. J'essaie de faire au mieux. Enlever un fil par là, stopper une alarme par-ci. Evaluer, prendre en compte, décider.
Je suis seule (un peu) et satisfaction, pour la naissance, je peux décider avec le couple. Personne derrière moi pour me dire quoi faire sans que je sois forcément d'accord. Le must, j'ai même des étudiants que je peux gronder s'ils touchent trop à l'accouchement. Ben vi, j'aime pas toucher. Accouchement=retiens la tête et basta... ou presque. C'est en faisant ça que tu peux espérer avoir un périnée intact.
Les couples paraissent contents. Je ne sais pas si c'est la situation qui veut ça, mine de rien un accouchement ça doit marquer les parents ^_^, ou si c'est moi qui suis particulièrement géniale.
Mon bloc, j'ai quand même l'impression que c'est pas la vraie vie. Mais si les mamans, les papas et les bébés sont contents, on s'en fiche ?
*précision pour les fans de doctissimo et amis des poneys->36eme degré
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Par Knackie dans Le coin de Knackie le 11 Juin 2012 à 12:36
Elle est d'origine africaine et entrain d'accoucher. Lorsque j'ai vu sa vulve j'ai trouvé ça bizarre, pas comme d'habitude. C'était net, propre, mais il manquait des trucs. C'était la première fois que je voyais un périnée excisé, sans petite lèvre. Je ne vais pas spécialement m'attarder dans cet "article". On peut lire tout ce qu'on veut sur les mutilations sexuelles, voir des schéma, des photos, lire que finalement c'est peut être pas vraiment une mutilation si elles le veulent bien (sic) Mais le voir en vrai c'est différent. Et pour couper court (ahah), oui c'est une mutilation.
Ensuite, il y a mon boulot de sage-femme. On était putain bien emmerdé pour la naissance. Ce genre d'intervention, outre que faire fabriquer du tissus fibrineux pas du tout élastique, amène une pression sur le périnée antérieur lors de l'expulsion plus importante qu'à l'accoutumé. On risque ainsi une déchirure hémorragique, diffiicile à reprendre, pouvant léser le méat urinaire, le clitoris (s'il en reste), bref un peu toute cette zone. On convient donc de faire une épisiotomie qui, et là c'est prouvé, décharge le périnée antérieur en ouvrant le postérieur. Moins on fait d'épisio, plus on a de déchirures antérieures qui sont, dans le cas d'une patiente avec tous ses organes, souvent bénignes. Mais voilà, là c'était différent.
Dans mon esprit on allait re-faire souffrir des tissus déjà "traumatisés" et le pire était qu'on nous avait forcé la main. Choisi pour nous, et la patiente bien longtemps avant.
Ca m'énerve.
Liens: chez l'OMS
chez Aly Abbara
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